Pain Of Salvation – Be

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Style: rock/metal progressifAnnee de sortie: 2004Label: InsideOut Music

J’ai découvert Pain of Salvation avec leur dernier album, « Remedy Lane », que je considère vraiment comme un chef d’oeuvre, pour moi un des meilleurs albums de metal progressif. J’ai après découvert le reste de leur discographie, 3 autres albums depuis 1997 qui m’ont toujours agréablement surpris. Utilisant tous les thèmes du progressif : technicité, concept-albums, voix théatrales, orchestrations, ce groupe a su porter ce style un peu désuet vers un son plus moderne avec un songwriting génial.

Daniel Gildenlow, chanteur/guitariste est essentiellement l’âme du groupe car il compose toute la musique et créé les concepts des albums. De plus sa patte est immédiatement reconnaissable grâce à ses chants emprunts de théâtralité.
« Be » se présente donc comme le nouveau concept sortie du très prolifique esprit de Gildenlöw, une sorte de spectacle musical joué par le groupe avec un plus non négligeable pour accompagner le tout : un petit orchestre se greffe à la musique la plupart du temps. Certains déjà s’enthousiasment, d’autres pourront craindre le pire. Je dois dire que je ne suis pas fan de l’ajout d’orchestrations dans le métal mais heureusement Pain of Salvation n’a pas essayé de faire du Dimmu Borgir ou du Nightwish sur « Be », seuls certains morceaux comportent des cordes et vents qui sont intégrés dans la musique.

En fait le groupe a effectué quelques shows il y a un an avec un orchestre dont ils ont récupéré les bandes pour les utiliser sur cet album. Par faute de moyen, les enregistrements des orchestrations des concerts ont été utilisées sur ce disque alors que le groupe prévoyait de réenregistrer le tout. Il en résulte, un mixage en retrait de ces orchestrations qui ne sont pas très distinctes par moments mais ce n’est pas dérangeant, ces orchestrations sont toujours assez réussies et s’accordent bien avec la musique.

Quant au concept de l’album, il est assez flou, divisé en 5 parties + un prologue, pour 15 titres interminables en latin, ça ressemble beaucoup à de la prise de tête « prog » un peu inutile. En général le sujet est la Terre et ses habitants et les périls écologiques et sociaux qui les guettent, c’est à dire le sujet infini qu’a toujours évoqué Pain of Salvation dans ses chansons.

Cet album démontre bien la diversité de styles dont est capable Pain of Salvation, il comporte de superbes morceaux et passages vraiment saisissants mais je trouve dommage que le groupe s’égare un peu dans tous les sens, le tout paraissant très prétentieux au final.
Ce qui m’a choqué au premier abord, ce sont les spoken words qui parsèment de nombreux titres et je trouve particulièrement agaçant, surtout que l’album commence par ça, une piste de dialogues en anglais, des élucubrations baignées d’effets sans interêt musical.
Le 2ème morceau nous apprend le nombre d’habitants de la Terre tous les 500 ans depuis des années avant JC… merci mais on s’en fout un peu des chiffres exact, ça a augmenté, oui, on a remarqué! Heureusement, un bon riff « metal » arrive derrière mais la fin du morceau part encore en spoken words…
Il faut attendre la 5ème piste avant d’avoir du « vrai » Pain of Salvation, on a d’abord droit à « Imago », un trip médiéval assez spécial mais intéressant, entièrement joué en instruments anciens. Le 4ème morceau est un interlude au piano de 5 min. Le piano a d’ailleurs pris plus d’importance sur cet album en général, ce qui n’est pas plus mal mais là ça fait long.

« Lilium Cruentus » arrive alors, la batterie alterne finesse et puissance de frappe sur ce 1er titre rappelant enfin le Pain of Salvation qu’on a connu, les riffs métal sont simples mais bien portés par une rythmique exemplaire .

On repart en trip avec « Nauticus », un morceau faisant un peu penser à du blues/negro spiritual, bref assez spécial.
Puis « Dae Pecuniae », un « rock opera », qui me fait plus penser à du cabaret ou de l’opérette qu’à du métal, avec ces voix fluettes exagérées. Le titre par dans tous les sens avec quelques éléments métal pendant plus de 10 minutes, là je commence à décrocher, « qu’est-ce qu’ils branlent? ». Je n’aime vraiment pas ce morceau. Ca ne s’arrange pas avec le morceau suivant, « Vocari Dei », un instrumental comportant quelques notes de pianos éparses avec des spoken word consistant en des messages adressés à dieu sur son répondeur… mouaih.

Je commence à désespérer mais à partir de « Diffidentia » c’est le soulagement, on retrouve le groupe en grande forme pour un pur morceau dans la lignée de l’album « An Hour by the Concrete Lake », alternant passages bien lourds avec d’autres plus aériens portés par la voix poignante de Gildenlöw. Ca continue avec le très bon « Nihil Morari » puis « Latericius Valete »
« Omni » est une parodie de musique ecclésiastique, une sorte de cantate pour orgue et voix… bon, on replonge dans le trip provisoirement. La fin de l’album remonte le niveau avec un « Iter Impius » intéressant quoique un peu cliché dans le prog et « Martius/Nauticus II ». Ils finissent sur un titre de quasi silence sans aucun interêt.

En résumé, « Be » comporte quelques bons morceaux mais entourés d’interludes un peu chiants, il s’égare dans des instrumentaux, spoken words et titres de transition un peu farfelus et finalements sans grand intérêt, ce qui isole les 5 morceaux vraiment intéressants de l’album, ceux qui correspondent plus au style de Pain Of Salvation. Etant basé sur un spectacle, cet album est souvent plus la bande son de quelque chose de visuel qu’un réel album du groupe. Je suis quand même bien déçu par cet album, peut-être que vouloir retranscrire l’effet d’un spectacle musical sur cd n’était pas ce qu’il y avait de mieux à faire.

Sinon c’est clair « Be  » est travaillé, chacun des 5 musiciens est un virtuose de son instrument, la démonstration technique peut laisser pantois par moments mais j’attendais plus du groupe. J’ai une estime énorme pour ce groupe, Pain Of Salvation reste pour moi le groupe de métal progressif le plus intéressant, et je ne désespère pas qu’ils reviennent sur quelque chose de moins prétentieux mais mieux fait, par exemple le « The Perfect Element Part II » dont ils parlent depuis un moment.

« Be » est tout de même un album qui a des côtés agréables, les fans s’y retrouveront assurément mais si vous ne connaissez pas le groupe, je ne peux que vous enjoindre d’écouter plutôt leurs albums précédents, en particulier « The Perfect Element Part I ».

  1. animae partus
  2. deus nova
  3. imago (homines partes)
  4. pluvius aestivus (homines fabula initium)
  5. lilium cruentus (deus nova)
  6. nauticus (drifting)
  7. dea pecuniae
  8. vocari dei (sordes aetas – message)
  9. diffidentia (exitus – drifting ii)
  10. nihil morari (homines fabula finis)
  11. latericius valete
  12. omni (permanere?)
  13. iter impius – martigena, son of mars (obitus diutinus)
  14. martius/nauticus ii
  15. animae partus ii
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. karadok says:

    je partage ton point de vue et je considère que BE n’est qu’une parenthèse dans le parcours de POS. D’ailleurs Gildenlow ne dit pas autre chose. Le prochain sera certainement un retour au style auquel on est plus habitué.

  2. goye says:

    MOUAI ! je reconnait bien la la chronique de quelqu’un qui n’a pas cherché a comprendre l’album, bon t’en a peut etre beaucoup a ecouter jt’en veut pas ^tous les gouts sont dans la nature, mais plus on le comprend, plus on l’aime cet album ;)

  3. jonben jonben says:

    Je suis d’accord, je l’apprécie plus après plusieurs mois d’écoute mais ça reste les titres les plus « métal » qui me touchent le plus.

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