Nine Inch Nails – With Teeth

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Style: indusAnnee de sortie: 2005Label: Interscope

Le voilà enfin ce nouvel album de NIN ! 6 ans tout de même, c’est le temps qu’il aura fallu patienter pour que Reznor donne un successeur au sombre et difficile The Fragile, un excellent double album qui exigeait toutefois de l’auditeur un effort conséquent pour l’apprivoiser et le comprendre. Cet album marquait aussi un virage pour Reznor qui semblait orienter son propos vers quelque chose de toujours lourd et menaçant, mais moins speed et beaucoup plus rampant que par le passé.

Qu’allait-il en être pour ce cru 2005, ce With Teeth attendu par de nombreux fans du génial Trent ?

Et bien force est de constater que l’attente en valait la peine car cet album est véritablement une réussite, qui montre que Reznor sait quand même bien faire face et gérer la pression.
Beaucoup plus facilement assimilable que son prédecesseur, With Teeth voit Reznor affuter son songwriting pour nous proposer de véritables chansons, dans un format souvent bien plus rock que par le passé. Pour autant qu’on se rassure : et contrairement à ce qu’on avait pu entendre, NIN ne devient pas un ersatz de tous ces ennuyeux groupes en « the » avec leur approche simple et directe du rock.

La marque de fabrique NIN est en effet bel et bien là, tant dans le son de guitare bien gras et saturé caractéristique de l’indus à la NIN, que dans la voix de Reznor, ou dans la science des arrangements du Monsieur.

Plus que jamais, ce nouvel opus se caractérise par la diversité et finalement il représente une bonne synthèse de tous les albums du maître.
On y retrouvera le côté direct du fabuleux Pretty Hate Machine, couplé au son tranchant de The Downward Spiral, avec des accents planant et ambiant à la The Fragile.

C’est d’abord avec des premières notes surprenantes que s’ouvre cet album puisqu’« All The Love In The World » sonne quasiment comme du Radiohead (période Kid A). Reznor pousse sa voix comme jamais, montant (difficilement quand même à l’évidence) dans les aigus. Assez calme au début, le titre devient un peu plus rythmé vers la fin et augure d’un album surprenant même si la qualité est indéniablement au rendez-vous.

Pourtant les titres vont s’enchaîner sans se ressembler puisque si l’explosif « You Know What You Are ? » renvoie à The Downward Spiral, d’autres comme le duo final « Beside You In Time » et « Right Where It Belongs » auraient très bien figurer sur The Fragile : 2 titres sombres et vraiment beaux. Pour le reste l’excellent « Love Is Not Enough » apparaît comme un morceau à la croisée de Pretty Hate Machine avec ses arrangements de folie et The Downward Spiral là encore, grâce à un son de guitare d’une intensité rare, qui prend aux tripes. Idem pour « The Line Begins To Blur ».

Si les rappels aux périodes passées sont légion sur With Teeth, il n’est pour autant pas question de remettre en cause l’identité propre et la personnalité affirmée de ce nouvel album. Celle-ci passe d’abord par l’injection franche et massive par Reznor de rock dans sa musique. Conséquence directe : de nombreux morceaux sonnent plus…rock et directs. C’est ainsi le cas du simple mais irrésistible « The Hand That Feeds », premier single de l’album, qui se termine en apothéose avec doublage vocal par Geordie White (Twiggy Ramirez, anciennement chez Marilyn Manson). « Getting Smaller », « Only », ou « Everyday Is Exactly The Same », s’inscrivent dans la même veine, des morceaux relativement simples et directs en surface, mais bénéficiant d’arrangements soignés et du son typique NIN.

Autre caractéristique notable de cet opus, la performance vocale et les intonations de Trent Reznor, véritablement impressionnantes par moment. J’ai déjà parlé des montées dans les aigus du titre introductif, mais s’il est un morceau qui marque pour la prestation vocale de Trent c’est bien le formidable titre éponyme « With Teeth » et son refrain « with the teeeethaaaaaaaaaaaaaaa » particulièrement jouissif. Plus que jamais, Reznor se montre un excellent chanteur, avec une voix toujours immédiatement reconnaissable.

Vous l’aurez compris, ce nouvel opus de NIN ne m’a pas déçu le moins du monde. Il ne marque pas un quelconque retour à aucune des périodes passées de l’entité NIN, mais bien une évolution : le son NIN est bien là, plus que jamais au service de véritables et très bonnes chansons. Ceux qui suivent l’évolution de Reznor depuis plus de quinze ans ne manqueront sûrement pas d’apprécier comme moi ce nouveau visage du groupe, tandis que ceux qui sont restés bloqués sur Pretty Hate Machine ou The Downward Spiral risquent de rester une fois de plus sur leur faim… Choisis ton camp camarade!

  1. all the love in the world
  2. you know what you are ?
  3. the collector
  4. the hand that feeds
  5. love is not enough
  6. every day is exactly the same
  7. with teeth
  8. only
  9. getting smaller
  10. sunspots
  11. the line begins to blur
  12. beside you in time
  13. right where it belongs
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 841 articles sur Eklektik.

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17 Commentaires

  1. kollapse says:

    et si on aime tous les albums de NIN;)?

  2. krakoukass Krakoukass says:

    Bah t’es comme moi, tu vas donc t’éclater.

  3. fakou says:

    15/20

    de tres bonnes songs, et d’autres moins bien (getting smaller) voir carrément pourries (le single « THTF », quelle horreur ! avec son riff pompé sur le hit « you really got me » ça sonne très « commercial »)

    cet album laisse un gout d’inachevé… de vite fait

    the fragile restera la référence pour moi :)

    le prochain single « only » est terrible, esperons « every day is exactly the same » en 3e single :)

  4. kollapse says:

    premières ecoutes, je suis assez surpris par le contenu(notament par l’aspect tres direct de certains titres contrastant avec les longueurs des titres du précédent album-et chef d’oeuvre- the fragile).Pour l’instant je suis donc surpris, mais dans le bon sens. ça s’annonce bien…suite dans quelques temps:) G dèja cependant remarqué certains titres comme « with teeth »(refrain carton en effet!) ou encore « everyday is exactly the same » et « love is not enough ». Y’en aura d’autres…j’espère!

  5. darkclown says:

    C’est qui « tous ces ennuyeux groupes en « the » avec leur approche simple et directe du rock » ?

  6. Pierre says:

    Regarde MTV…tu verras

  7. krakoukass Krakoukass says:

    J’aurais jamais cru dire ça mais : merci Pierre! On est complètement d’accord…

  8. Neurotool says:

    Un album efficace,certainement pas aussi simple qu’il n’y paraît.
    Les fans devraient s’y retrouver sans problème. Les autres pourraient bien être convaincu.

  9. kollapse says:

    @darkclown: tous les the hives, the white stripes, the strokes…tu vois?d’la grosse daube en fait.

  10. darkclown says:

    @kollapse: ok bien reçu. D’ac avec toi. J’ai eu une légère appréhension, étant à fond dans The Mars Volta mais je trouvais que « tous ces ennuyeux groupes…avec leur approche simple et directe du rock » ne leur correspondait pas trop !!

  11. jonben jonben says:

    The Mars Volta :) tu sais t’as aussi The Dillinger Escape Plan, The Ocean, The Blood Brothers, The Fall of Troy, The Postman Syndrome!
    Que du génial.

  12. Pierre says:

    THE BRONX : mais je peux tjs rêver pour avoir une chronique d’eux ici

  13. kollapse says:

    @jonben : en effet que du poids lourd!! ya aussi the old dead tree, the red chord, the end…et certainement encore d’autres!Mais pas the vines par exemple, ça niet;-)

  14. chan says:

    OUAIS!!! THE BRONX!!! TU CONNAIS?

  15. Ocean? says:

    J’ai tenu 3 titres… Faudra que j’approfondisse quand même, mais ça m’a saoulé rapidement. Non pas que ça ne soit pas bon, mais c’est ennuyant à mon sens.

  16. Florent says:

    Bon je reviens nuancer mon propos. Il est faussement naif cet album, avec des titres plutôt agréables, mais bien trop long à mon goût.

  17. Neurotool says:

    Je reviens sur mon commentaire…fait un peu trop rapidement…cet album est en passe de devenir mon album de chevet pour l’année! Il possède une force insoupsonnée, plus intimiste mais une force émotionnelle assez rare! Bref un incontournable!!!

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