Kehlvin – The Mountain Daylight Time

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Style: post hardcoreAnnee de sortie: 2006Label: Division

La Chaux-de-Fonds est une petite ville de 38’000 habitants qui, mis à part le fait d’être la ville natale de Blaise Cendrars, de l’architecte Le Corbusier ou encore du pionnier de l’automobile, Louis-Joseph Chevrolet, peut être fière d’abriter le combo post-hardcore Kehlvin, véritable révélation de cette année 2006. Située en plein milieu de la Watch Valley – équivalent horloger de la Silicon Valley -, et au cœur des montagnes Neuchâteloises, cette petite bourgade est un véritable paradis pour les amateurs de nature, de randonnées – à pied ou en VTT –, et d’escapades à ski.
Non, non, je ne suis pas en train de faire de la propagande touristique pour la Suisse, ne vous y méprenez pas, car c’est bien de musique dont nous allons parler, mais il me semblait assez nécessaire de faire un petit clin d’œil à cette magnifique région d’où nos cinq alchimistes composent et arrangent leurs morceaux avec la précision d’un orfèvre.
C’est sous le nom de Loaf A. (Loaf Around) que le groupe débutera en 1999 et enregistrera 2 démos (en 2000 et en 2002), avant de se pencher sur la composition de son premier album.
Le pas est franchi lorsque le groupe entre en studio avec Julien Fehlmann (Unfold, Vancouver, Forceed) durant l’été 2005 au Studio Mécanique de La Chaux-de-Fonds, pour un peu moins de deux mois. Le mastering est, quant à lui, assuré par quelqu’un que l’on ne présente plus : Pelle Henricsson (Cult of Luna, Refused, Poison The Well), rien que ça !
C’est en février 2006 que les choses vont s’accélérer : le groupe ne se nomme plus Loaf A. mais Kehlvin et vient tout juste de signer sur Division Records (Seethings, Unfold, Vancouver, Forceed), qui sortira le premier album du groupe, The Mountain Daylight Time, en mars de la même année. A noter que l’album est aussi disponible en France depuis le 15 juin, via Overcome.

Le premier contact entre l’auditeur et le groupe se fait d’abord par le biais de la magnifique pochette, signée Dimitri Jeannottat (Forceed), représentant une chaîne de montagnes dans un style très sobre et épuré. Ce n’est d’ailleurs là que le début d’un véritable périple sonore qui va durer près de 74 minutes. Alors installez-vous confortablement dans votre fauteuil préféré – ou dans votre lit, à vous de voir –, allumez quelques bougies, histoire de créer une ambiance adéquate, et laissez vous embarquer dans un voyage où l’émotion côtoie la brutalité et où la lourdeur peut se muer en mélodie à chaque instant.
Kehlvin nous balance là un album tout simplement magique, touchant, entêtant, et frôlant presque le génie ! Non, je n’exagère pas et non, je n’ai pas pris un coup sur la tête, ni rédigé cette chronique sous l’emprise de quelconques produits stupéfiant (quoi que …). C’est simple, une fois le disque inséré et la touche PLAY appuyée, il est quasiment impossible de décrocher de cet album. On se fait happer par ces compositions qui se mettent en place doucement, qui évoluent au fil des différentes directions empruntées par le combo, et qui sont exécutées de façon tout simplement exemplaire. Le groupe intègre sans complexe ses nombreuses influences, allant du hardcore en passant par le new wave, le trip pop ou encore les musiques du monde. Le tout est agrémenté d’un chant tout à fait maîtrisé, tant sur les passages criés/hurlés, que sur les quelques accalmies et envolées mélodiques.
Bien sûr, les ombres de Will Haven, Cult of Luna ou Isis planent sur nos cinq amis Neuchâtelois, mais quelle claque ! Une véritable mandale en pleine face !
Nous n’avons donc pas affaire à une pâle copie des groupes précités ci-dessus, mais bien à une entité qui semble, d’ores et déjà, avoir trouvé sa propre identité, et qui fait évoluer ses morceaux comme bon lui semble et sans aucun complexe. D’ailleurs, l’artwork de l’album reflète parfaitement l’ambiance générale du disque qui, comme le temps en montagne, peut changer d’un instant à l’autre, passant d’un climat lourd, orageux, à de belles éclaircies mélodiques, capables de vous refiler la chair de poule.
Comme je l’ai cité plus quelques lignes plus haut, c’est un véritable voyage sonore qui vous attend tout au long de ces dix titres, et à aucun moment les sensations d’ennui ou de gavage ne se font sentir. On se laisse aller au fil des titres et on plonge dans cet univers torturé, sans même voir les minutes passer.

Je pense que vous l’aurez deviné : oui, je suis tombé sous le charme de cet album. Cela fait plus d’une semaine que je me le passe en boucle et que je n’en démords pas. Chaque nouvelle écoute ne fait que renforcer la sensation que nous tenons là un sacré album, et dévoile une subtilité de composition rarement atteinte. Je serais presque tenté de dire que nous avons affaire à un véritable chef d’œuvre, car nous n’en sommes vraiment pas loin, mais en tout cas, une chose est certaine : cet album se doit de figurer dans la CDthèque de tout amateur du genre, tant il est riche et intéressant.
A ranger aux côtés des meilleures sorties de cette année 2006 et à découvrir absolument en live, tant leurs prestations sont saisissantes !

  1. albatross
  2. john lemon
  3. how to lie with the maps
  4. band over
  5. frankenstein bis
  6. fat freddy
  7. moksa
  8. the mountain daylight time
  9. red diesel revolver
  10. 1 cabeza / 2 brazos
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8 Commentaires

  1. Florent says:

    Mouais. Mitigé moué. En tous cas c’est gentil tout plein, mais 19/20… ;-)

  2. Ellestin says:

    bon le lobby suisse ca va deux minutes :o) , c’est bien bon ce groupe mais pas encore au-delà du rang de seconds couteaux pour l’heure

  3. zurb says:

    pareil que vous. je le trouve bien, mais il arrive un peu tard dans un style bien conquis. Les titres sont cool, il y a de bons passages, mais ça ne me prend rarement aux trippes. Bénéficie d’une très bonne production. Mais j’aurais quand-même mis max 16/20.

  4. Hallu says:

    19/20 ? Pour toi donc c’est un classique, un monument du post-hardcore inoubliable, une pierre angulaire du style ? Ça va pas non ?

  5. wakos says:

    bon ben j’avoue que j’ai été très généreux au niveau de la note et je comprends tout à fait vos remarques … c’est un avis personel et j’aurai peut être du le digèrer avant de faire la chronique, mais bon, le mal est fait, même si un bon 17 ou 18 aurait suffit. N’empêche qu’il n’en reste pas moins un excellent album. Voilà quoi …
    @ Hallu, si à toi je te mets un 01/20 au niveau constructivité, ça te va ? ;o)

  6. Hallu says:

    Excellent album = 15, 16 max… Au-delà ce sont les chefs-d’oeuvre, les classiques. C’est différent des notes sur 5 ou 6 où la meilleure note est souvent de mise. Ici vous notez sur 20 donc vous avez une large gamme de notes, et vous pouvez ne conserver les 17-18-19 que pour les disques hors du commun plutôt que de mettre des 6/6 à tout va. À quoi bon noter sur 20 si vous n’utilisez pas cet avantage.

  7. Rémi says:

    Bon, on va considérer que ce 19/20 est une erreur de jeunesse, tant mieux pour le CV de Kehlvin. Après bon… Kehlvin ça reste ce que c’est, un bon groupe avec un bon album, mais pas de quoi sauter au plafond. Ils ont néanmoins un très bon potentiel, je suis très curieux de ce qu’ils vont nous servir à l’avenir, mais là c’est un peu frigide à mon goût…

  8. Schwardrak says:

    Moi je trouve que cet album est bel et bien un chef d’oeuvre innoubliable du post-hardcore et que ce 19/0 est très bien mérité! Merde si the Mantle a reçu 20/20, The Mountain Daylight Time a bien droit à cette note, et ceci dit j’adore Agalloch.

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