The Ocean – Heliocentric

Il y a clairement des avantages à évoluer sous la forme d’un collectif, comme le font les berlinois de The Ocean, autour de leur tête pensante Robin Staps. L’apport de certains musiciens ponctuels est intéressant, et la formation à géométrie variable permet d’adapter l’effectif au besoin (notamment en vue du live). Le revers de la médaille est un vrai manque de stabilité, et la possibilité de voir des membres clés disparaître du jour au lendemain. C’est malheureusement d’abord cela que révèle ce nouvel album de The Ocean. Après avoir perdu leur chanteur initial Meta, c’est son pourtant efficace remplaçant Mike Pilat, qui s’en est récemment allé.

Et c’est là que ça passe ou ça casse, autant le dire tout de suite, car le nouveau chanteur qui officie sur Heliocentric, a un registre bien différent de ses prédécesseurs. Robin a insisté sur la grande versatilité de ses capacités vocales qui allait lui permettre de s’essayer à davantage de registres et de genres différents. La promesse est tenue, les registres sont ici plus variés que précédemment. Le chant clair s’installe de façon beaucoup plus présente que par le passé, et le chant grave hurlé prend du recul, même s’il reste présent.

Finalement, ces deux registres tiennent la route (même si le chant grave manque clairement de puissance), et en chant clair pur, Loïc Rosseti (c’est le nom du petit nouveau) s’en tire extrêmement bien, comme en témoignent les très calmes (sans doute les morceaux les plus calmes jamais écrits par The Ocean, sans guitare, sans saturation) piano-violon-voix de « Ptolemy Was Wrong » et piano-voix de « Epiphany ». Mais c’est le 3ème registre qui choque vraiment : pas tout à fait clair, mais pas gueulé non plus, chanté avec une voix rocailleuse (parfois doublée pour un effet bien foireux), qu’il est sûrement possible d’apprécier. Pour ma part je le trouve complètement inapproprié et il me vrille les oreilles à chaque écoute. Un exemple avec « The First Commandment of the Luminaries » complètement massacré par le chant, alors que musicalement on sent vraiment des choses intéressantes (très jolie partie de violon par exemple et final burné typiquement « océanique »).

Musicalement, le groupe poursuit où il s’était arrêté avec Proterozoic, le 2ème disque de l’énorme Precambrian, et s’autorise encore plus de choses, en œuvrant majoritairement dans des registres calmes (on a déjà cité « Ptolemy Was Wrong ») qui lorgnent vers le post-rock. Même si les accélérations et passages plombés sont toujours présents (mais franchement très en retrait), cela ne suffit cependant pas pour atténuer la désagréable impression d’ennui qu’on ressent à l’écoute de cet album, ennui renforcé par l’agacement que provoque le chant.

Bref vous pouvez tenter le coup de votre côté, pour ma part cet album est tout simplement la déception de l’année. On espère que le prochain prévu pour cette année, redressera la barre (mais j’ai de gros doutes, si le chanteur reste le même). Je n’aurais jamais cru écrire ça un jour sur un album du groupe allemand, mais là vraiment… Beurk.

  1. shamayim
  2. firmament
  3. the first commandment of the luminaries
  4. ptolemy was wrong
  5. metaphysics of the hangman
  6. catharsis of a heretic
  7. swallowed by the earth
  8. epiphany
  9. the origin of species
  10. the origin of god
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