Between the Buried and Me – The Parallax II : Future Sequence

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Style: Space Opera ProgressifAnnee de sortie: 2012Label: Metal BladeProducteur: Between the Buried and Me & Jamie King

Quelques années après sa sortie en 2007, Colors, 4ème album des américains de Between the Buried and Me, fait encore figure pour beaucoup de pièce maîtresse du groupe. Pour ma part, il fait certainement partie des albums que j’emmènerais sur une île déserte, rien de moins.

J’attends désespérément depuis, de retrouver le même enthousiasme pour un album du groupe. Malheureusement je dois dire que tous les albums qui ont suivi, n’ont pour le moment suscité que ma déception. Pas que The Great Misdirect ou l’EP suivant (The Parallax : Hypersleep Dialogues) soient de mauvais albums, loin s’en faut, mais je n’ai jamais jusqu’alors retrouvé le génie de composition et la fluidité d’enchaînement des titres qu’on trouve sur Colors.  C’est donc avec une réelle appréhension que je démarrais l’écoute de ce cru 2012… appréhension partiellement balayée dès la première écoute et complètement balayée après quelques écoutes supplémentaires. The Parallax II : Future Sequence est LE digne successeur de Colors, qu’il égale presque en qualité. Explications…

Pour commencer on se félicite de retrouver un concept album, avec (comme sur Colors) un titre unique découpé en 12 morceaux pour près de 73 minutes de musique. Un gros morceau donc, et une digestion qui s’annonçait compliquée, mais qui finalement sera assez simple, d’une part parce que lorsqu’on a l’habitude du style pratiqué par le groupe, la complexité gagne en accessibilité, et surtout aussi car les morceaux sont riches d’accroches puissantes qui s’imprègnent quasiment dès la première écoute. C’est un signe qui ne trompe pas et qui rappelle encore une fois les sentiments ressentis à l’écoute de l’illustre grand frère Colors.

L’album démarre en douceur avec « Goodbye to Everything » qui sera un peu la ligne directrice (et apparemment le concept donc) de tout l’album puisque Tommy Rogers répétera cette phrase à de nombreuses reprises sur plusieurs morceaux tout au long de l’album. Puis on retrouve le BTBAM qu’on connaît, dès « Astral Body ». Ceux qui sont allergiques au style pratiqué par les américains ne changeront probablement pas d’avis avec cet album, puisqu’on y retrouve la frénésie, les tricotages, les instrumentations très variées, et les changements de style incessants, entre deathcore, death metal, circus metal, pop, rock à la Queen et j’en passe… Mais le trait d’union entre tous ces styles, et c’est peut-être encore plus vrai que jamais sur cet album, c’est définitivement le mot « progressif ». Car il devient maintenant totalement évident que le genre que pratique d’abord BTBAM c’est bien du metal progressif, qui ne serait rien d’autre qu’une vision moderne du rock progressif pratiqué par leurs ancêtres de Pink Floyd ou King Crimson, influences majeures de ces américains. On perçoit d’ailleurs particulièrement bien le poids de ces influences, par exemple sur « Melting City » et ses solos floydiens.

BTBAM représente vraiment à mon sens l’incarnation parfaite du Prog’ décomplexé (pour reprendre un mot très en vogue chez nos crétins de politiciens), celui qui n’a peur de piocher dans aucun style, y compris dans le metal extrême. Car évidemment BTBAM c’est toujours bien violent, les accès de furie death ou deathcore étant toujours légion (davantage même que sur The Great Misdirect) et Tommy Rogers recommençant pour notre plus grand plaisir à alterner de façon beaucoup plus équilibrée son chant entre chant pop/rock et chant extrême. Inutile de s’attarder sur la technique des musiciens du groupe, des guitaristes au bassiste (la basse étant toujours un régal, car très audible) en passant par le batteur, ce sont tous (toujours) des monstres de technique, à dégoûter à vie n’importe quel débutant de n’importe quel instrument.

L’album est centré sur 5 gros morceaux liés entre eux par des morceaux plus courts. Ces 5 gros morceaux qui frôlent plus ou moins les 10 minutes (sauf « Silent Flight Parliament » qui plafonne à 15 minutes) sont simplement extraordinaires. Fluides, intelligents, puissants, riches, intenses, les qualificatifs me manquent. Si je devais faire ressortir un morceau du lot, je choisirais certainement « Telos », ses riffs surpuissants et ses cris qui nous cueillent dès le démarrage. Mais « Extremophile Elite » n’arriverait pas loin derrière avec ses claviers futuristes (façon Genghis Tron).

Les titres les plus courts servent de liant, étant soit des interludes purs et simples (comme ce « Parallax », spatial et parfait pour planer un peu avant de repartir) soit des titres « normaux », comme « The Black Box » et son clavier complètement inspiré de Queen, ou le clownesque « Bloom » (et son passage surf rock très WTF même quand on a l’habitude des délires du groupe) qui fait pour le coup figure d’ovni dans le space opera que représente l’album, et qui assure la transition avec le morceau le plus prog de l’album, « Melting City », sa superbe flûte et ses merveilles de solo.

Jusque-là tout était parfait, et au final The Parallax II : Future Sequence serait sans nul doute un chef d’oeuvre comme Colors, si le groupe ne pêchait pas finalement par excès. L’album est en effet un peu trop long et on aurait pu se passer aisément des 15 minutes de « Silent Flight Parliament » qui, bien que réussi, l’est un peu moins que les autres titres, tout en étant le plus long de tous. Après quasiment une heure de musique, il faut aussi dire que le cerveau fatigue peut-être un peu, d’autant que la musique de BTBAM n’est pas par définition la plus simple à assimiler et exige l’attention constante de l’auditeur.

Mais c’est un détail, car au global l’album est quand même absolument formidable et de très loin le meilleur du groupe juste après Colors. Pour ma part je prends un pied incroyable à le passer et le repasser, et si le plaisir se prolonge aussi longtemps que pour son grand frère, nul doute que les prochains mois continueront à être extatiques. BTBAM vient simplement de livrer un des meilleurs albums de l’année (et peut-être même le meilleur).

Tracklist :
1. « Goodbye to Everything » (1:39)
2. « Astral Body » (5:01)
3. « Lay Your Ghosts to Rest » (10:02)
4. « Autumn » (1:17)
5. « Extremophile Elite » (9:58)
6. « Parallax » (1:15)
7. « The Black Box » (2:10)
8. « Telos » (9:45)
9. « Bloom » (3:29)
10. « Melting City » (10:19)
11. « Silent Flight Parliament » (15:09)
12. « Goodbye to Everything Reprise » (2:29)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    BTBAM est sur une lancée créative sans défaut, un des albums de l’année sans doute.
    T’as plus qu’à réécouter l’EP qui précède, The Parallax: Hypersleep Dialogues, qui est tout aussi bon et a le mérite d’être concis.

  2. joss says:

    C’était la première fois que je me risquais à l’achat d’un album de BTBAM, et j’avoue que la sauce prend bien malgré la durée excessive de l’album. L’autre soir j’ai voulu écouter seulement quelques titres avant de me coucher et j’ai eu bien du mal à couper tant les enchaînement sont réussis. Je crois que je vais me prendre Colors du coup.

  3. Angrom angrom says:

    Ta chronique m’a donné envie de ressortir « Colors » ce que j’ai fait et bien m’en a pris car c’est effectivement de la balle. Je vais m’atteler à ce nouveau plat de résistance du groupe incessamment sous peu.

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