Eisbrecher – Schock

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Style: Metal electro-indusAnnee de sortie: 2014Label: Sevenone Music

La Grèce ayant envoyé il y a quelques semaines un message assez inamical – bien que démocratique – à l’Allemagne, il m’a paru utile d’essayer de remonter le moral de nos voisins teutons. Persuadé que la nouvelle du décès de Demis Roussos n’aura pas eu pour effet de créer une liesse immense permettant aux Allemands de ne pas broyer du noir, j’ai pensé leur (re)faire prendre conscience qu’ils restent un grand peuple en terme de musique.

Il se trouve probablement – ne soyons pas trop optimiste – parmi les lecteurs de ce noble webzine des fans de Rammstein et Oomph! qui ne connaissent pas Eisbrecher. Qu’il me soit permis de m’adresser immédiatement et très directement à eux pour leur faire comprendre de quoi il retourne : Eisbrecher, c’est entre Rammstein et Oomph!. Vous voyez, ça n’a pas pris longtemps et désormais presque tout le monde est dans le train. Seuls restent sur le quai ceux qui ne connaissent aucun de ces 3 groupes mais peut-on raisonnablement m’en vouloir de ne même pas jeter un regard compatissant vers ces germanophobes ?

Les germanophiles et, plus généralement, les amateurs de bonne musique, ne regretteront pas, eux, l’écoute de ce 6ème album (eh oui, ça fait plus de 10 ans que des anciens membres de Megaherz ont décidé de faire parler la poudre). Personnellement, depuis la déception ressentie à la sortie de Sünde (successeur de l’excellentissime Antikörper, 2006), j’avais tiré un trait (manifestement un peu vite) sur le potentiel d’Eisbrecher. Je dis un peu vite car, professionnalisme non rémunéré oblige, avant de chroniquer Schock, j’ai quand même comblé mes lacunes pour voir à quel point j’avais commis une boulette à trop hâtivement évincer le groupe de mes esgourdes. Et il faut bien avouer que j’aurais dû faire plus confiance au savoir-faire Allemand car il n’y a pas réellement de faux-pas dans le déroulement de la carrière.

Mais concentrons-nous sur Schock. La force de l’album, au-delà de la qualité de composition (j’ai même pensé que certains titres étaient des reprises tellement ils sonnent comme des « classiques », « Nachtfieber » et « Noch zu retten » en tête), c’est la variété. Le groupe est capable d’enchainer un De/Visionien (mais pas mièvre) « Noch zu retten » et un brûlot on ne peut plus heavy (limite thrash metal) « Fehler machen leute ». Bon par contre il évite de très peu la soupe avec Der flieger, plus taillé festival de goth rock que pit ensanglanté. Le créneau était tendu mais ça passe au poil de nez.

Mais après tout cette diversité est bienvenue surtout lorsque Eisbrecher concluent par un So oder so véritable point d’orgue en la matière qui se situe entre Diary of dreams et Rammstein. Et c’est là-dessus, selon moi, qu’on voit qu’on a affaire à des fines lames. Alors que le refrain nous rappelle immanquablement la période Herzeleid/Sensucht de la bande à Till Lindemann, le petit coup de rein d’Eisbrecher permet de ne pas hurler avec effroi face à une facile repompe.

Rien à jeter, riffs puissants, refrains entêtants, une fabrique de tubes qui foutront assurément le feu dans toutes les salles assez solides pour encaisser un défilé de mandales. Le meilleur album d’Eisbrecher et sans doute le meilleur album du genre cette année.

Site officiel

 

Tracklist :

01-Volle Kraft Voraus

02-1000 Narben

03-Schock

04-Zwischen Uns

05-Rot Wie Die Liebe

06-Himmel, Arsch Und Zwirn

07-Schlachtbank

08-Dreizehn

09-Unschuldsengel

10-Nachtfieber

11-Noch Zu Retten

12-Fehler Machen Leute

13-Der Flieger

14-So Oder So

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Groupes cités dans la chronique

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