Arcane Roots – Melancholia Hymns

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Style: Rock (avec des pointes de math)Annee de sortie: 2017Label: Easy Life records

Le voilà enfin. Tout simplement l’album de rock que j’attendais le plus cette année. Maintenant que Biffy Clyro se sont compromis l’année dernière avec un Ellipsis bas de gamme (mais gardons tout de même espoir pour la suite, tout n’est peut-être pas encore perdu),  je misais tout cette année sur Arcane Roots pour sauver le rock britannique, et donc pour (a minima) ne pas me décevoir avec cette nouvelle rondelle. Un album tout en contrastes qu’il va falloir apprivoiser à force d’écoutes, comme nous allons le voir ensemble.

Melancholia Hymns s’ouvre sur un « Before Me » surprenant car très atmosphérique, avec une énorme nappe de clavier sur laquelle viennent se poser des chœurs angéliques puis la voix tout en douceur d’Andrew. La batterie fait son entrée, à mesure que la nappe se disperse, puis les guitares viennent en appui. Le titre le plus lent jamais écrit par AR, une chouette intro au final, mais un peu trop longue à mon goût (6 minutes quand même). A ce stade on est pressé de passer aux choses sérieuses. Et ça tombe bien car déboule « Matter ». Et « Matter » mes amis, c’est du très, très, très lourd. Un des meilleurs morceaux jamais composés par le groupe tout simplement, qui décolle rapidement pour prendre des allures bien speed et qui combine à merveille tout ce que j’adore chez Arcane Roots. Et même plus encore avec l’ajout de ces éléments électroniques de bon aloi (qui rappellent le Genghis Tron de Board Up the House sur la deuxième partie du titre), qui appuient le math rock du groupe toujours servi par la voix fabuleuse d’Andrew. Ce dernier susurre, chante, et hurle, tout ça sur le même morceau en assurant comme toujours l’ensemble des registres au plus haut niveau qui le caractérise.

Ces éléments électroniques que j’évoque sont certainement la plus grande nouveauté introduite sur l’album, qui en quelque sorte nous propose avec Melancholia Hymns son Kid A (toutes proportions gardées face à ce chef d’oeuvre) et met fortement l’accent sur le côté atmosphérique, avec régulièrement la juxtaposition de nappes de clavier presque Devin Townsendiennes (sans le metal dedans).

Un titre comme « Indigo » représente une vraie nouveauté et une vraie prise de risque pour le groupe, qui met l’électronique et les claviers à l’honneur et relègue la guitare au rang de figurante. Changement notable s’il en est pour un groupe qui a d’abord œuvré dans un math-rock naturellement très porté sur la gratte. Le titre se divise en deux parties qui restent dans le même registre aérien, atmosphérique, presque post-rock. Très beau, mais là encore je trouve que le groupe fait un peu trop long (6 minutes encore). Heureusement le trio est malin, sait qu' »Indigo » va désarçonner ses fans, et le voilà qui enchaîne astucieusement avec « Off the Floor », énorme titre bien rock dans l’esprit de « Matter ». La finesse des arrangements, le son surpuissant, et le refrain monumental laissent sur les genoux dès la première écoute. Arcane Roots y déploie sa panoplie complète de combos, refrain monstrueux, couplets à l’avenant, gratte en mode math, tout est là pour concourir à faire de ce titre, un hit monumental (trop court du coup, car il se termine déjà en mode « pente descendante » au bout de 3 min 30). Et les montagnes russes reprennent puisque « Curtains » prend la suite, et commence très lentement, doucement avec là encore l’électronique au premier plan. L’énergie gagne le morceau qui monte en puissance avant un crescendo de folie sur lequel Andrew s’époumone comme il faut, et ça fonctionne très bien là encore. Les bidouillages électroniques reviennent pour annoncer « Solemn » qui s’ouvre sur des guitares énormes qui installent une rythmique pachydermique pour un morceau bien émotionnel, sur lequel le piano vient s’emmêler pour aboutir à un point culminant tout en puissance.

« Arp » représente parfaitement à lui seul la terre de contraste qu’est ce Melancholia Hymns, avec un titre sur lequel les guitares n’apparaissent qu’après 3 minutes, de même que les cris d’Andrew, après une première partie de morceau plus électronique (mais belle). « Fireflies » repart sur la pente la plus atmosphérique, et je dois bien admettre qu’à ce stade de l’album, la formule commence à lasser d’autant qu’on dépasse encore les 6 minutes sur ce titre… Andrew chante toujours aussi bien mais les montagnes russes que nous font subir l’album sont quand même déroutantes et les moments atmosphériques ont la désagréable tendance à trop s’étirer. On aurait aimer que le groupe mette un peu plus de muscle au global. Car lorsqu’il le fait, ça poutre toujours autant. D’ailleurs, « Everything (All at Once) » qui débarque ensuite, en est la meilleure démonstration. Un titre bien rock, pas le plus agressif de l’album, mais qui montre bien le talent des anglais sur ce registre. 3min43 d’énergie qui fait du bien. Car il faut affronter la fin de l’album et devinez quoi, elle sera… atmosphérique, mais heureusement assez rock.

Au final, l’album est clairement le plus ambitieux du groupe, le travail du trio ne peut être remis en question tant on sent qu’ils ont pris du temps pour fignoler leur musique aux petits oignons. Il faudra donc plusieurs écoutes pour bien percevoir tous les détails et les assimiler. Ce qui est sûr c’est que Melancholia Hymns est l’album le plus « mélancolique » et … atmosphérique du groupe à ce jour, même si comme évoqué il contient aussi paradoxalement certains passages parmi les plus violents jamais écrits par le groupe. Une rondelle en contrastes donc, qui à ce stade de ne me convainc pas encore complètement car je ne peux m’empêcher de penser pour le moment que c’est lorsqu’il balance la sauce pied au plancher qu’Arcane Roots est vraiment le meilleur. Les écoutes à venir me feront peut-être revoir mon avis, mais je doute pour le moment que cet album détrône son illustre prédécesseur et même Heaven & Earth, l’excellent EP sorti en 2015. Mais difficile de jeter la pierre à un groupe de vouloir évoluer!

Tracklist :
1. Before Me (5:57)
2. Matter (4:53)
3. Indigo (6:31)
4. Off the Floor (4:14)
5. Curtains (5:18)
6. Solemn (5:41)
7. Arp (4:23)
8. Fireflies (6:12)
9. Everything (All at Once) (3:43)
10. Half the World (7:18)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 804 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Dun23 says:

    Encore une fois, conquis par ces gars. Certes moins immédiat et une volonté affichée (comme dit par ces montagnes russes) de s’essayer à autre chose, la surprise est un peu moins grande ayant découvert le clip de curtains depuis plusieurs mois. Quand ça déboite, ça le fait toujours avec une classe folle et Arcane Roots arrive encore à me filer des frissons comme sur le sublime Half The World. J’ai hâte de les voir mardi prochain.

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