Psychonaut – Unfold the God Man

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Style: Post Metal psychédéliqueAnnee de sortie: 2020Label: Pelagic Records

Ouh là là la méchante claque… Claque tardive en réalité, car même si la découverte est, elle, bien récente, cet album est en fait originellement sorti en 2018 en auto-production. Remercions donc Pelagic Records (label fondé par Robin Staps de The Ocean) qui nous donne une nouvelle chance de découvrir un album qui était complètement passé à côté de nos radars en 2018. Il aurait été dommage de passer à nouveau à côté d’un tel monstre car cet album est absolument dantesque et d’ores et déjà en piste pour le titre d’album de l’année 2020 (oui je m’enflamme).

Alors que l’album s’ouvre sur le fantastique « All I Saw as a Huge Monkey » et puisqu’aucune voix ne s’est encore faite entendre quand le morceau s’achève au bout de 6min46, on est surpris d’entendre une première voix (criée) dès l’ouverture du non moins monumental « The Story of Your Enslavement », et rapidement une deuxième (claire celle-là, et très belle). Ces belges sont farceurs, et nous auraient en effet fait croire durant plusieurs minutes qu’ils œuvraient dans un post-metal complètement instrumental. Il n’est est pourtant rien, et le trio guitare/basse/batterie a bel et bien recours au chant, et même aux chants puisque le guitariste et le bassiste se partagent les deux chants (crié pour le guitariste, clair pour le bassiste, mais aussi harmonisés en clair à d’autres moments). Cette particularité est déjà une première raison majeure de la grande qualité de cet album, puisque chacune des voix prise isolément est superbe dans son registre, et que les harmonies vocales sont elles aussi magnifiques, à l’image de celles qui s’illustrent sur le démarrage de « Kabuddah ». Il n’y a guère que chez Alice in Chains qu’on puisse entendre de si belles harmonies vocales à plusieurs voix.

Mais cela ne serait pas suffisant si la musique n’était pas à l’avenant, et comme je l’ai déjà écrit en parlant du premier morceau, même lorsque la musique de Psychonaut est instrumentale, la qualité des compositions est juste parfaite. Les passages en tapping à la Gojira du morceau d’ouverture (et de « Halls of Amenti » plus loin) mettent sur le cul, les gros riffs sont bel et bien là également, quitte même à partir sur des tempos bien lourds proches du doom comme sur la fin de « Kabuddah ». Le trio sait aussi varier les tempos et calmer le jeu quand il le faut, comme en atteste la première partie de « The Fall of Consciousness » qui démarre avec des sonorités psychédéliques débouchant sur une mélodie entêtante, et qui vient alterner avec une ambiance plus tempétueuse tandis que Thomas et Stefan font parler leur organe en alternance pour un effet décuplé. « Sananda » joue aussi ce jeu de l’alternance entre le calme et la tempête avec même une longue partie atmosphérique qui pourrait largement évoquer Pink Floyd, l’une des influences très 70’s revendiquées par le trio belge (avec Led Zeppelin). Des hippies jouant du metal, voici en quelque sorte comment on pourrait décrire ces belges, à l’image du détonnant mélange qu’on retrouve sur « Celestial Dictator » qui commence avec du didjeridoo et des chants évoquant ceux des aborigènes avant de partir sur autre chose entre metal et rock, mais aussi sur « Nexus » et son introduction planante qui fait ensuite à nouveau la part belle à ces passages en tapping très gojiresques et qui sont un pur ravissement. Plus loin l’ombre de Mastodon et Tool planent sur « Halls of Amenti » : décidément ça décoiffe et vous l’avez compris je pense, tous les morceaux de cet album sont des perles qui contiennent leur lot de moments forts. Jusqu’à atteindre le point culminant sur le final de 15 minutes de « Nothing is Consciousless »…

Le temps file à une vitesse incroyable à l’écoute de leur passionnante musique et vous ne verrez pas l’heure dépassée de plusieurs minutes qu’aura duré le voyage en compagnie de ces 3 belges débordant de talent. Chaque nouvelle écoute me confirme tout le bien que je pense de cet album, rien d’autre qu’une putain de découverte majeure et un prétendant sérieux au titre d’album de l’année (même la pochette est magnifique en plus). Et il sera très difficile à détrôner…

Tracklist :
01 – All I Saw as a Huge Monkey
02 – The Story of your Enslavement
03 – Kabuddah
04 – The Fall of Consciousness
05 – Sananda
06 – Celestial Dictator
07 – Halls of Amenti
08 – Nexus
09 – Nothing is Consciousless

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. Dun23 says:

    Je commence à écouter, et là, c’est mais waouh!

  2. Grogro says:

    Très belle découverte, un coup de coeur de plus pour 2020.

    PS : tu vois, je lis les chroniques :p

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