Dephosphorus – Sublimation

Pas de commentaires      156
Style: AstroGrindAnnee de sortie: 2020Label: 7Degrees Records & SelfMadeGod Records

Bientôt 10 ans que nous les suivons, nos amis grecs de Dephosphorus… et même si on les a toujours aimés, je dois avouer à titre personnel avoir été un peu moins enthousiasmé par la toute dernière (enfin avant-dernière du coup) sortie en date, Impossible Orbits, que mon camarade Shaq avait de son côté adoré. Je trouvais cet opus un peu trop monolithique et trop uniformément frondeur même si on y retrouvait indéniablement le son Dephosphorus, desservi néanmoins par une production malheureusement un peu brouillonne. C’est un album que je n’ai donc pas autant écouté que ses prédécesseurs mais cela ne m’empêchait en rien de rester très curieux de découvrir quelle trajectoire allait suivre le groupe sur leur nouvelle aventure incarnée par ce petit nouveau fraîchement débarqué le 11 septembre, Sublimation.

Et à ce stade le petit personnage en haut à droite de la chronique aura déjà tué toute tentative de maintenir un quelconque suspense : ce nouvel album est monstrueux, meilleur que le précédent et va peut-être même s’imposer dans les prochaines semaines comme l’un des tous meilleurs opus du groupe, voire même le meilleur (ce qui n’est pas peu dire au vu de la qualité de certains des albums du groupe).

Jamais le terme « astrogrind » utilisé par le groupe depuis ses débuts n’aura été aussi approprié, car le groupe réussit comme jamais auparavant à introduire des ambiances spatiales, par le biais des discrets synthétiseurs qui apportent un vrai plus à la musique du groupe. Dephosphorus s’est employé depuis ses débuts à nous entraîner dans un univers Sci-Fi, mais l’ambiance sur ses disques n’avait encore jamais été poussée aussi loin. Outre les synthés, quelques sons ou bruitages, comme celui inquiétant de « Towards the Eerie Light of the Core », renforcent cette sensation d’être perdu dans l’espace façon Dead Space, c’est-à-dire dans un univers dangereux, froid et inquiétant, mais aussi fascinant.

Musicalement pourtant on s’éloigne du bourrinage pur et dur, même si Dephosphorus reste indubitablement un groupe extrême. J’y perçois en effet davantage de nuances que sur le précédent opus, des nuances vraiment bienvenues, qui rendent l’écoute de l’album passionnante sur toute sa durée. Même les morceaux les plus rentre-dedans, comme « Absurd Aftermath » se trouvent plus aérés du fait de ces sonorités spatiales et des changements de tempo qui introduisent des respirations bienvenues et dont on se délecte vraiment. Les ralentissements tout en lourdeur sont aussi de la partie, comme le démarrage de « Multiple-Dimension Descriptor » qui s’accélère rapidement, le groupe ayant l’intelligence de ne pas nous endormir avec des morceaux entiers en tempo lent/chiant. Il s’agit en ce sens davantage de respirations, au service de cette atmosphère toujours bien pesante que les grecs distillent toujours avec talent. Cette variété est vraiment la grande force du disque, à l’image de cette fin d’album tonitruante, avec en particulier « In Dimensions 7 to 11 » (et ses chœurs étranges et inquiétants) et plus encore l’énorme « The Mists Rose Like Departing Dreams » qui s’étire sur 7 min 10 au cours desquelles les changements de rythme sont particulièrement bien fichus et l’ambiance vraiment prenante et glaçante avec un passage bourrin qui m’a fait penser à du Bolt Thrower (ce riff!!). Certainement le meilleur morceau de cette superbe plaque qui montre aussi à quel point Thanos a réussi à pondre des parties de guitare agressives certes, mais aussi plus efficaces que jamais.

Honnêtement j’en reste encore sur le cul, tant les progrès accomplis par les grecs sur ce nouvel album sont majeurs, cette facette plus mesurée et variée de Dephosphorus les éloigne finalement de la partie « grind » de leur étiquette tout en conservant la dimension « astro » et on ne peut qu’encourager le groupe à continuer à la mettre en valeur, tant elle s’avère tout bonnement jouissive.

Sur le plan vocal pas de grand changement, et tant mieux, on reconnaît immédiatement le chant de Panos toujours aussi perché et allumé, ses éructations aiguës font depuis le début partie de l’identité de Dephosphorus et il est aujourd’hui difficile d’imaginer la musique de Dephosphorus sans le chant de psychopathe de Panos.

On évoquait la production un peu brouillonne du précédent opus, pas de ça ici, la production de Sublimation est parfaite : le gros son de Dephosphorus est bien là (oh que oui!!), mais la clarté aussi cette fois, ce qui permet notamment d’apprécier les synthés dans le fond du champ sonore tout en se prenant mandale sur mandale avec un plaisir constant, en bon masochistes que nous sommes.

Un grand bravo à nos amis grecs pour ce superbe album qui figurera en bonne place dans le top de fin d’année! Et si vous ne connaissez pas encore Dephosphorus, c’est le moment de plonger.

Tracklist:
01 – Βορά Των Αιώνων (Devoured by Aeons)
02 – Ψυχοϊστορία (Psychohistory)
03 – Εξύψωση (Sublimation)
04 – Προς Το Απόκοσμο Φως Του Πυρήνα (Towards the Eerie Light of the Core)
05 – Absurd Aftermath
06 – Multiple-Dimension Descriptor
07 – Neural Lace
08 – Into the Glory of Eternal Orbit
09 – In Dimensions 7 to 11
10 – The Mists Rose Like Departing Dreams

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 945 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Vous pourriez aussi apprécier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *