Atoem – Entropy

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Style: Musique ElectroniqueAnnee de sortie: 2023Label: Yotanka Records

Un duo français composé de Gabriel et Antoine, qui œuvre dans la musique électronique de qualité, avec mon peu de connaissances du genre, j’avoue que ça m’aura fait immédiatement penser à Daft Punk ou Justice (ou peut-être Ofenbach, dont j’ai entendu parler pour la première fois seulement il y a quelques jours, mais qui me semble oeuvrer dans un registre beaucoup plus dance/commercial putassier). Deux formations qui a priori ne sont plus, ou sont a minima entrées dans une phase de sommeil profond.

Il est donc d’autant plus réjouissant quand on s’intéresse au moins un peu à ce type de musique de découvrir le duo nantais d’Atoem (patronyme inspiré de Pink Floyd), qui sort son premier album long format, Entropy le 22 septembre 2023 sur Yotanka, après avoir déjà sorti trois EP entre 2018 et 2019. D’autant plus réjouissant qu’il s’agit d’une petite bombe d’album inspiré qui devrait marquer si les planètes s’alignent, tout simplement les débuts du tandem dans la cour des grands.

Les premiers singles diffusés nous avaient déjà mis la puce à l’oreille avec cerise sur le gâteau des visuels très réussis et un univers bien à eux (inspiré de la science dont les deux compères sont assez fondus), la confirmation est éclatante tout au long des 14 titres de l’album sur lesquels le tandem étale admirablement son savoir-faire, non sans quelques sorties de route (on va y revenir) cependant.

L’album débute calmement avec le superbe « Sinking Ocean » qui permet au duo de faire immédiatement la démonstration de son talent pour créer des titres accrocheurs, tout en installant son ambiance légèrement sombre et inquiétante mais jamais sinistre. Une musique qui semble avoir du fond, mais assez planante et chill (inspiration de Pink Floyd là encore ?), qui pourra plaire au plus grand monde et notamment aux amateurs de rock vu le format des titres, directs et plutôt courts. Sur cette entrée en matière réussie, se pose le chant de Gabriel, posé, susurré presque, qui nous emmène dans l’ambiance presque spatiale qu’installe Atoem. Entrée en matière suivie par un titre plus rentre-dedans et instrumental, « Lost Work », 2min38 de techno agressive qui évoque un peu l’univers de Gesaffelstein. « Mercury » revient à quelque chose de plus planant avec à nouveau la voix lancinante de Gabriel, de même pour « Under the Void », avant que les rennais balancent un « Summer’s Grave » qui a tout du tube absolu de l’été sur lequel vous aurez peut-être dansé sur la plage (sans le savoir bien sûr).

Les ambiances vont continuer par la suite à alterner entre moments bien posés et planants et déflagrations plus puissantes qui vont vous réveiller (« Mode Erase » qui crache bien, « Uprising » plus en lourdeur, le quasi Jarrien « Synthropy », et la bombe techno instrumentale « Lunacy »). Seule fausse note à mon sens, « Les Couleurs du Son », titre assez dégueulasse sur lequel les deux amis ont invité un certain NVVN responsable (je pense) de ce chant que personnellement je n’aime pas et qui m’évoque malheureusement tout ce que je n’aime pas dans la musique française comme M, ou les moments les plus pénibles de Moodoïd, jusqu’aux paroles mi poétiques mi niaises assez détestables. Heureusement, ce titre que je zappe désormais systématiquement, ne dure que 3min19 pour un album qui au total nous fait voyager 54 minutes durant, et il ne suffira bien évidemment pas à nous faire changer d’avis globalement sur Entropy, réellement un petit bijou de musique électronique intelligente, inspirée et accrocheuse.

Bravo Messieurs, et avis aux amateurs les plus éclectiques donc!

Tracklist :
01 – Sinking Ocean
02 – Lost Work
03 – Mercury
04 – Under the Void
05 – Summer’s Grave
06 – Ride on Time
07 – Mode Erase
08 – Ghosts of the Past
09 – Dawn
10 – Uprising
11 – Les Couleurs du Son (feat. NV
12 – Synthropy
13 – Lunacy
14 – Et les Montagnes Fumaient

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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