Sang Froid – All Nighter
Chronique Gothwave

Sang Froid – All Nighter

krakoukass
krakoukass
Auteur
10 novembre 2023
il y a 2 ans
2 commentaire s
4,071 vues
Année de sortie
2023
Note
Un projet musical formé par des membres de groupes connus rend hommage à la new wave et à la cold wave des années 80, proposant un premier album qui, malgré des promesses et des influences notables, peine à captiver pleinement l'auditeur avec des titres parfois trop dilués.
Sang Froid – All Nighter

Monté par 2 membres de Regarde les Hommes Tomber (Jérôme, guitariste et Thomas, chanteur) rejoints par un membre du groupe nantais The Veil, Sang Froid se veut un hommage à la new wave / cold wave des années 80, de Depeche Mode en passant par la frange plus gothique telle celle d’un Sisters of Mercy. Ayant sorti un premier EP en 2021, les nantais accouchent finalement d’un premier album attendu par les amateurs et nostalgiques d’un « son » revenu en force ces dernières années, tant via l’ascension de la synthwave que via le retour du post-punk (ou death rock).

Après avoir entendu le premier titre issu de ce nouvel album, j’étais bien motivé pour écouter l’album complet car « Grace & Doom » est indéniablement une excellente entrée en matière, permettant de mettre en lumière les qualités bien réelles du projet, avec pour commencer un son synthétique qui retranscrit bien celui de l’époque tout en étant évidemment bien inscrit dans la modernité de notre temps couplé à la dynamique plus organique de la guitare de Jérôme (dont les sonorités m’ont fait penser à Hangman’s Chair surtout en début de titre) qu’on retrouvera sur la plupart des titres permettant à cette dualité de s’exprimer sur tout l’album. Et puis il y a évidemment ce chanteur dont on ne soupçonnait pas dans son groupe d’origine qu’il soit capable d’œuvrer dans un registre vocal parfaitement à l’avenant de la musique. On pense tour à tour à Nick Holmes (Paradise Lost, Host), Dave Gahan, ou même Fernando Ribeiro (Moonspell), et on est rapidement convaincu que le casting est impeccable. Au moins sur le papier…

Car malgré ces bases solides et surtout après la claque reçue et les attentes générées par « Grace & Doom », All Nighter s’avère au final un peu décevant, la faute à des titres qui peinent souvent à convaincre et à s’avérer aussi prenants même si « Proudly Ruining Yourself » laissait pourtant augurer d’un album solide, ce titre étant probablement le deuxième meilleur titre de la galette.

Tantôt mélancolique, tantôt dansante, la musique de Sang Froid ne parvient jamais complètement à nous saisir et à nous emmener avec elle et pour être honnête il m’est arrivé à plusieurs reprises de trouver le temps un peu long tant certains titres semblent un peu trop délayés pour leur propre bien (« The Eleventh Dawn » et ses 6min06 par exemple ou « House of Resignation », plus court mais pas passionnant globalement malgré un refrain plutôt réussi), sans malheureusement donner ce petit goût de reviens-y qu’on espérait y trouver. A l’écoute de All Nighter, j’ai souvent pensé au Paradise Lost de la période One Second/Host (et pas seulement parce que le piano de l’instrumental « Nightline » fait penser à « Say Just Words ») mais en moins accrocheur, la science d’écriture des anglais semblant pour le moment assez inaccessible à notre jeune formation.

L’album passe bien en fond sonore, pas de problème, mais il ne fait jamais dresser l’oreille une fois le premier titre terminé (sauf sur « Grace & Doom » évidemment) et on n’a pas tellement envie d’y revenir une fois l’écoute complètement terminée, ce qui n’est jamais très bon signe évidemment…

Finalement dans un genre proche, j’ai trouvé l’album de BLVL plus réussi et accrocheur que celui de Sang Froid. Mais nul doute qu’avec les bases solides dont dispose la formation, la suite pourrait être meilleure, All Nighter étant probablement à considérer comme un premier jet contenant en lui des promesses pas encore transformées.

Tracklist :
01 – Proudly Ruining Yourself
02 – Eternal Light
03 – Lymphatic
04 – House of Resignation
05 – Grace & Doom
06 – The Eleventh Dawn
07 – Nightline
08 – Inquisitive Nature

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

1354 articles publiés

2 commentaires

RBD

il y a 2 ans

Comme souvent dans un premier album de projet parallèle on sent bien qu’ils prennent leur pied à s’aventurer enfin dans un style différent qu’ils affectionnent depuis longtemps. Nous aimons visiblement les mêmes groupes (Joy Division, the Sisters of Mercy, Depeche Mode…, plus effectivement une certaine période de Paradise Lost) et je m’associe volontiers à cette incartade bien gothique. Ceci dit je suis assez d’accord quant à la longévité potentielle de ce disque très classique dans son créneau, je me demande aussi si elle se révèlera solide.

totoro

il y a 2 ans

Je rajouterais « Inquisitive Nature » dans les très bonnes chansons de l’album ! Un disque que je trouve très agréable et que j’écoute souvent ! Ce n’est pas original mais ce n’est pas ce que je recherche, donc je suis emballé ! Sur ce fameux « Inquisitive Nature », le chant me rappelle fortement le timbre clair de Mickael Stanne de Dark Tranquillity, et j’aime beaucoup ! Et effectivement « Grace And Doom » est franchement extra ! Sang Froid est une belle surprise pour ma part !

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