Dream Theater – Octavarium

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Style: metal progressifAnnee de sortie: 2005Label: Atlantic Records

C’est toujours la même chose, quand un grand groupe (j’entend par là celui qui a une fan base conséquente) s’écarte de ce qu’il fait habituellement, il génère quantité de mécontents qui ne reconnaissent plus leur groupe fétiche. C’est vrai qu’il en faut du courage pour expérimenter et s’essayer à des choses différentes de la routine habituelle. Surtout que ce genre de démarche est rarement récompensé comme il le faudrait. Preuve en est des albums Six Degrees Of Inner Turbulence et Train Of Thought ou Dream Theater intégrait des influences tel que Tool (pour le premier) et tel que Metallica ou Mudvayne (pour le second). Evidemment que ce genre de chose ne va pas trop plaire à une certaine frange du public prog très conservatrice. Pour ces gens là, Dream Theater n’a rien fait de bon depuis l’excellent Metropolis Pt. 2 : Scenes From A Memory en 1999. La formation se retrouve donc le cul entre deux chaises, celle de continuer à évoluer et celle de revenir en arrière, avec un album plus proche du Dream Theater classique.

Et ce Octavarium montre bien la situation délicate dans laquelle le groupe se trouve. Il n’étais évidemment pas question de refaire un disque aussi metal que T.o.T. qui avait suscité la polémique chez les progistes intégristes. Il n’était pas non plus question de faire machine arrière en proposant un Image & Words-bis, un nouvel Awake ou une suite à S.F.A.M. Et heureusement que Dream Theater n’a pas choisi cette démarche, ça aurait été rendre le groupe définitivement prisonnier de son illustre passé.

Si Octavarium est un album plus progressif que ne l’était son prédécesseur, il n’est pas exempt de traces issues de Six Degrees ou T.o.T. Preuve en est l’introductif « The Root Of All Evil » qui fera tout de suite pensé à « The Glass Prison » mais en beaucoup moins bien. Le genre de titre dont on ne retient rien, dont il est difficile de resté attentif pendant tout le morceau et qui donnera raison aux détracteurs qui accusent le groupe d’être trop démonstratif et de composer des morceaux sans âmes. Si ce morceau introductif est encore assez musclé (pour du Dream Theater s’entend), on ne peut pas en dire autant du reste de l’album, sachant qu’il s’agit sûrement là du titre le plus virulent de tout le disque.

Hé oui, je tiens donc à avertir de suite ceux qui aiment chez Dream Theater son côté metal, vous risquez de vous endormir. Mais bon, que diable, revenir à quelque chose de plus intimiste et feutré n’est pas une mauvaise idée non plus ma foi. Même si le groupe a utilisé un quatuor à corde pour « The Answer Lies Within », ce morceau sonne trop comme du déjà-vu pour du Dream Theater. « I Walk Beside You » peut faire penser à du U2 et a quelques tendance à la mièvrerie. Quand à « These Walls », même si ce morceau n’est pas une ballade, il aurait put passer sur les ondes FM s’il avait été plus court. Ces trois morceaux, sans être mauvais pour autant, ne sont pas transcendants.

« Sacrificed Sons » est aurait put trouver sa place sur Scenes From A Memory. Très classique, à part une fin excellente avec l’utilisation d’un orchestre à corde et d’une accentuation du côté épique. Le morceau met cependant un certain temps avant de vraiment démarrer. Mais ce n’est rien comparé au morceau fleuve qu’est « Octavarium » et ses 24 minutes. Le début du morceau est très calme et surtout trop long (plus de 10 minutes) ; je me suis surpris à m’endormir souvent à l’écoute de ces 10 premières minutes. Et après on a droit à de la branlette de clavier typé prog. On oscille ensuite entre des passages intéressants et d’autres superflus car trop démonstratif. A la fin du morceau, l’orchestre fait à nouveau son apparition. Bref, on retrouve dans ce morceau titre tout ce que certains reprochent au metal progressif. Le genre de long titre indigeste avec beaucoup de longueurs. Malgré l’utilisation de l’orchestre sur la fin, le morceau reste très classique pour du Dream Theater.

Mais la formation américaine n’a pas oublié un certain modernisme avec les morceaux « Panic Attack » et « Never Enough ». Le son lourd de la guitare sur « Panic Attack » nous montre qu’après T.o.T., le groupe a encore quelque chose à dire en explorant la face la plus metal de sa musique. Quand à « Never Enough », j’avais pu lire qu’il y avait sur ce morceau une influence Muse. Malgré le fait que je connaisse très mal Muse (juste quelques clips vus sur certaines chaînes du câble), je suis quand même obligé d’admettre que la comparaison est tout à fait bienvenue. Déjà dans la façon de chanter de Labrie mais aussi dans le son des claviers. Si l’inspiration est flagrante, on ne peut pourtant pas parlé d’une copie, le style D.T. est bien là et le morceau est plus progressif que ce que fait Muse (enfin… je dit ça mais je connais extrêmement mal ce groupe donc ce n’est qu’une supputation).

Ceux qui voulaient (comme moi) que Dream Theater continue sur la voie de Train Of Thought auront les boules (désolé mais c’était trop tentant de faire cette blague en rapport à la pochette d’Octavarium). Ceux qui voulaient un retour en arrière, période Images & Words, risquent de désenchanter aussi. En résumé, pas sûr que cet Octavarium contente grand monde. Cependant, si Dream Theater s’y montre moins inspiré que d’habitude, l’album est largement plus intéressant qu’une grande partie des sorties dans le genre et reste agréable.

  1. the root of all evil
  2. the answer lies within
  3. these walls
  4. i walk beside you
  5. panic attack
  6. never enough
  7. sacrificed sons
  8. octavarium

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4 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    C’est pas l’album qui me fera rentrer dans Dream Theater, toujours ce côté bien kitsch, ces voix et ces ballades chiantos.

  2. kollapse says:

    mêmes raisons pour lesquelles je ne sais aller « plus loin » avec dream theater…

  3. jéjé says:

    Helas, on peut dire que Dream Theater, qui est un groupe énorme, mille fois plus interessant que la très grande majorité des groupes, tourne en rond: il n’a plus le même recul sur les groupes qui l’influcent: le groupe travaille en effet en écoutant massivement les albums qui l’ont le plus marqué au cours des deux dernières années, puis les digère à travers sa musique. enfin, normalement, car là, le digestion n’est pas manifeste. Trop peu de recul, donc ça sent le pompé à plein nez!

  4. Obituary487 says:

    je suis assez indulgent avec ce groupe parce que je lai découvert pile poil dans sa meilleur période en écoutant en boucle les morceaux Fatal Tragedy et Endless Sacrifice.. Donc je dirais tout d’abord qu’il faudrait peut-être chroniquer le reste de la discographie qui vaut de l’or, et situer Train Of Thought et Octavarium comme des branches possibles qui étalent le travail du groupe dans tout ce qui est faisable.. Et je ne parle même pas de la structure de cet album, étonament réfléchie et bien construite.

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