Emperor – In the Nightside Eclipse

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Style: black metalAnnee de sortie: 1994Label: Candlelight

Comment peut-on imaginer une rubrique anthologik, sans y faire figurer un album d’Emperor. Alors evidemment la lutte est acharnée entre les pro-nightside et les pro-anthems. J’ai pourtant choisi de trancher en faveur du premier qui, à mon avis a été le précurseur, celui sans lequel Emperor n’aurait pas été ce qu’il est aujourd’hui : une légende.

En cette année de 1994, bien des albums légendaires sont sortis, Enslaved sortait son Frost, Burzum venait de sortir Det som en gang var et allait sortir son hvis lyset tar oss, et les fabuleux Mayhem sortaient leur grandiose De mysteriis dom sathanas. Bref 1994 aura été l’année de l’explosion du black à la norvégienne. Et c’est en cette année que j’ai acheté, à Londres, deux albums, totalement au hasard, Sigh avec son Infidel Art et l’album qui nous intéresse ici, Emperor. On peut dire que le hasard fait pas mal les choses.

Bref, In the nightside eclipse c’est LE black métal, rien de plus, rien de moins. C’est une définition à lui tout seul de tout un genre, bref c’est un des plus grands disques de black metal de l’histoire. Tout, dans ce disque sonne black métal : la production, correcte, pas trop trve, pas trop degueu, la voix tout droit sortie des abysses, des guitares tranchantes comme des rasoirs, une basse quasi-inaudible, et une batterie qui sait se faire discrète, sans toujours bombarder dans tous les sens. Alors bien sur on est assez loin du sophisticated black metal que proposera emperor en 1997 avec Anthems to the welkin at dusk, mais, déjà, des morceaux longs, et variés font leur apparition sur cet album. Le fabuleux « Into the Infinity of Thoughts » par exemple, du haut de ses 8 minutes, nous balance des breaks monstrueux, des passages atmosphériques à se mouiller le pantalon de bonheur, servis par le groove assez incomparable de Bart Eithun « Faust » que l’on retrouve en 2006 avec bonheur chez les italiens d’Aborym. Arrêtons nous quand même sur la voix de Ihsahn, voix qui aura beaucoup évolué au cours de la carrière du groupe.

Sur cet album Ihsahn (qui fait toujours autant chier avec l’orthographe de son nom) nous gratifie d’espèces de cris de gobelins se mariant à la perfection avec la musique. La production n’en fait pas tout un plat sur sa voix d’ailleurs en la mettant assez en retrait, en l’étouffant un peu derrière le mur de riffs. Au point que sur certains morceaux il faut tendre l’oreille pour la distinguer. Superbe placement qui ne se fait plus aujourd’hui, où la voix se pose comme un instrument comme un autre, là pour augmenter les sentiments engendrés par la musique.

In the nightside eclipse compte en outre parmi les plus fantastiques morceaux d’emperor avec par exemple l’intemporel « I am The Black Wizards » que le groupe jouera live jusqu’à son split, ou le très symphonique « Inno a Satana », glacial à souhait.

Alors certes avec le recul, certaines parties sonnent peut-être un peu pompeuses en 2006, certains plans bateaux, certains riffs usés jusqu’à la corde, voire même certains morceaux un poil en dessous (« Towards the Pantheon » par exemple), mais replacé dans le contexte, en 1994, toutes ces critiques ne sont pas très sérieuses.

Cependant, et sans pour autant remettre en cause sa place dans le rayon anthologik du site, cet album d’Emperor est pourtant loin d’être celui que je recommanderais pour commencer avec le groupe. En effet, les critiques que je viens de formuler font que cet album vieillit peut-être un poil moins bien que l’énorme Anthems to the welkin at dusk, mieux construit, mieux produit mais ne délivrant pas cette atmosphère unique présente sur cet album. D’ailleurs la machine à fric du black métal ne s’y trompe pas puisque l’album a déjà fait l’objet de nombreuses rééditions (1999, 2004, 2006) avec bonus, remastering, pochette fourreau, autocollant, préservatifs avec le nom du groupe, peluches à l’effigie d’Ihsahn, mugs etc etc…

Si ça c’est pas la preuve ultime qu’on tient là un des plus grands albums de black de tous les temps je sais pas ce qu’il vous faut…

  1. into the infinity of thoughts
  2. the burning shadows of silence
  3. cosmic keys to my creations & times
  4. beyond the great vast forest
  5. towards the pantheon
  6. the majesty of the nightsky
  7. i am the black wizards
  8. inno a satana
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6 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    incontournable qu’on ne peut pas contourner sans crainte de passer à côté!! toute une époque, contrairement à l’intemporel anthems. Effectivement ceux qui découvriront cet album auront peut-être l’impression d’avoir entendu ça 100 fois : en fait ils écoutaient cet album sans le savoir à travers le pompage des suiveurs

  2. Devin says:

    Le dernier du groupe auquel j’ai vraiment accroché.La prod reste un mystère perso , on distingue bien la majorité des riffs et des mélodies mais quelque chose m’empêche de tout capter, ce petit quelque chose qui donne envie d’y retourner .Je pourrais écrire un livre sur chaque morceau comme pour Anthems d’ailleurs.. Un vrai classique, sûrement celui à mettre en AnthologiK, même Anthems reste mon favori du groupe et peut-être du genre.

  3. FireCat says:

    Je suis encore néophyte d’Emperor, j’ai plus ou moins assimilé Prometheus mon ptit préféré et je m’attaque à Anthems, que je trouve vraiment somptueux à chaque écoute, bien que ce soit très dense et riche (du mal à me concentrer sur chaque morceau^^). Un groupe extremement talentueux, ca c’est clair. Le Nightside est le prochain sur ma liste d’écoute :p

  4. XXuK says:

    Ahhh. Emperor. Comme le chroniqueur, j’ai acheté ce disque à Londres, à l’époque (en même temps que le Trun loose the swan de MDB). Quelle claque!!! Pourtant, c’est bien le Anthems qui m’a fait pensé qu’Emperor était LE groupe…

  5. deathlikesilence says:

    Tout à fait d’accord avec la kro… une petite chose à rajouter: ce bijou est un embleme, une porte vers un autre blak metal, un truc qui sera pompé mais jamais égalé et cette production, bon Dieu, une alchimie, un chaos automatique et mélodique, ya comme un brouillard qui flotte dans cette galette. TERRIBLE

  6. misanthropique says:

    La pochette est aussi belle que le contenu du CD.

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