Pain of Salvation – Road Salt Two

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Style: metal prog sauce 70sAnnee de sortie: 2010Label: InsideOut Music

Ces dernières années, Pain of Salvation semblait se chercher, tenter d’éviter la redite après 4 albums les ayant consacrés comme un des groupes marquants du metal progressif. Le concept prétentieux de Be se perdait entre trips symphoniques et folk aux spoken words, Scarsick s’éparpillait dans des délires plus ou moins réussis (« Disco Queen »…). Puis il y a 2 ans, on découvrait un groupe au look moins metal, avec quelques changements de line-up derrière la tête pensante Gildenlow, et l’EP Linoleum annonça une nouvelle étape dans la carrière du groupe, suivie d’une période de composition leur permettant d’enregistrer de quoi remplir 2 albums.

Les cheveux courts accompagnaient un son plus rock et des riffs d’inspiration 70s. Cela dit, Linoleum n’était qu’un avant-goût des nouveautés, Road Salt One comme Road Salt Two remettent les choses en place, il semble que Gildenlow a la théatralité, la complexité et le panache du metal progressif dans le sang, et malgré les diversions, on reconnait toujours éminemment la patte Pain of Salvation, celle qui justement fait qu’aucun de leur album n’est jusqu’à maintenant une déception pour moi.

Road Salt Two part sur une intro violons/sitar sans lien avec le reste de l’album, elle n’introduit en fait que le premier titre, « Softly She Cries » qui évolue sur des mélodies indianisantes. J’ai d’ailleurs du mal à dicerner un semblant de concept entre les 2 albums, à part l’enregistrement durant la même période, qui fait de Road Salt Two la suite directe du précédent, même son, même esprit, tout en proposant des morceaux de styles et d’intensité variables.

Gildenlow, encore une fois le seul maitre à bord, a décidé de développer ces nouveaux morceaux à partir de riffs rock « classiques », mais il n’en reste jamais là, son imagination bouillonnante et les musiciens chevronnés l’accompagnant les amenant à toujours d’une idée simple à créer des morceaux complexes. Ainsi « Eleven » et son riff hard 70s quasi Sabbathien des premières heures évolue dans un titre prog de haute volée, comme si blues et soul se déchiraient et laissaient s’échapper quelques élans plus radicaux, avant de plonger dans un passage prog/jazz/fusion de toute beauté. Tout aussi variés soient-ils, la plupart des morceaux suivent ce schéma de titres à tiroirs qui évoluent vers une sorte d’opéra rock prog – y compris un certain nombre de ballades qui ne se contentent pas non plus du schéma rock classique-, une base simple sur laquelle s’additionne les instruments jusqu’à déboucher sur des passages soit d’une puissance ainsi décuplée, au gros son metal, soit des morceaux de bravoure des musiciens, comme ce « Healing Now » acoustique qui évolue dans un crescendo de rythmiques frénétiques.

Road Salt One et Two se complètent et prouvent que Pain of Salvation n’a certainement pas dit son dernier mot, je trouve ce nouvel album plus varié et même finalement légèrement meilleur que son prédécesseur. Gildenlow est toujours un chanteur d’exception et sa simple présence enchante chaque morceau.
De toutes façons, ce groupe a du charme. On ne peut pas dire qu’un de leur album soit particulièrement leur meilleur. Remedy Lane tient une place particulière pour moi comme j’ai découvert le groupe avec, mais chacun a ses qualités comme ses faiblesses, tous présentent des facettes différentes. Un bel album encore donc, même si il faut avouer que d’autres groupes metal prog plus jeunes les devancent niveau créativité (Leprous par exemple au hasard), Pain of Salvation se fait désormais surtout plaisir à réinterpréter son propre style musical.

Si le groupe pouvait développer les penchants jazz qu’on trouve sur cette face B, ça le ferait pour le prochain album :

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Je les ai découverts en live il y a 2 semaines, en première partie d’Opeth. Quelques bon passages (qui sentent le black sabbath old school à plein nez), malheureusement gâchés par des mélodies mièvres complètement ridicules et/ou kitchissimes. J’ai été frappé par certaines cassures au milieu des titres, assez peu judicieuses et d’un goût douteux. Pas pour moi même si les mecs sont talentueux et assurent sur scène, dans un genre qui me rebute totalement. Mélange de styles incompatibles, on passe du bon vieux rock seventies à la ballade Roch Voisine en passant par des rythmiques sautillantes et agaçantes… J’ai quand même apprécié 2 morceaux sur la dizaine jouée.

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