Quicksand – Interiors

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Style: Post-Hardcore / RockAnnee de sortie: 2017Label: Epitaph Records

22 ans. C’est le temps qu’il aura fallu aux new-yorkais de Quicksand pour décider de revenir aux affaires et sortir enfin un successeur à Manic Compression. Même si ce retour n’est qu’une demi-surprise en 2017, le groupe s’étant reformé en 2012 pour quelques tournées. Mais depuis 2013, le groupe enfermé en studio ne donnait plus beaucoup de nouvelles, et l’histoire nous avait appris à nous méfier avec eux (le fameux 3ème album qui devait sortir mais n’était au final jamais sorti).

Mais 2017 marque finalement la confirmation de ce retour discographique officiel, avec la sortie d’Interiors. Les retours discographiques foireux sont légion, souvent dictés par de mauvaises raisons qu’elles soient pécuniaires ou purement « madeleiniennes » à tort, il n’y a qu’à voir l’album sorti cette année par At the Drive-In, qui se pose en sérieux prétendant au titre de plus gros pétard mouillé de ces dernières années. Heureusement, on est loin de cet échec avec la bande à Schreifels, ressoudée autour de son noyau dur à 3 et qui revient avec cet Interiors de très haute tenue.

Reprenant quasiment les choses là où elles avaient été autrefois laissées, le groupe prouve qu’il sait encore balancer la purée et des riffs parfaits, à l’image de l’entrée en matière redoutable d' »Illuminant ». On reconnaît sans mal la signature musicale du combo new-yorkais (ses riffs sacadés notamment, cf « Hyperion » au hasard) mais ce qui est magnifique c’est que rien ne sonne ici jamais forcé ou pas naturel. On est en famille, et on retrouve d’ailleurs aussi la signature vocale assez inimitable de Walter Schreifels. Mais le groupe ne vit pas en 2017 dans l’illusion d’un retour faussement agressif et juvénile. La bande a vieilli, acquis aussi de nouvelles expériences musicales (ici avec Rival Schools pour Schreifels ou là avec Deftones pour Sergio Vega) c’est pourquoi il est logique de trouver ici un penchant mélodique plus prégnant que jamais même si évidemment la mélodie a toujours fait partie du répertoire des new-yorkais.

Et de fait, même les morceaux les plus éloignés du post hardcore et purement rock comme « Cosmonauts » ou plus loin le conclusif « Normal Love » fonctionnent ainsi grâce d’abord à la voix impeccable de Schreifels, qui gueule moins mais chante mieux que jamais (avec un petit grain supplémentaire dans la voix qui lui va à merveille), mais aussi tout simplement grâce à un songwriting remarquablement affuté et précis. Mais on ne se refait pas, et même un morceau comme « Interiors » qui semble plutôt calme et planant de prime abord se termine magistralement avec de beaux riffs irrésistibles, alors que d’autres moments sont plus frontalement agressifs comme « Fire this Time » ou même étonnant comme la tension contenue de « Sick Mind » qui n’explose finalement jamais.

Au final, le groupe signe sans jamais donner l’impression de trop en faire, rien de moins que l’un des plus beaux come-back de ces dernières années.

Même si Slip reste sans doute intouchable pour toujours, Interiors est à mon sens supérieur au 2ème album du groupe et se positionne clairement comme l’un des meilleurs albums de l’année.

Tracklist:
01. Illuminant

02. Under The Screw
03. Warm And Low
04. >
05. Cosmonauts
06. Interiors
07. Hyperion
08. Fire This Time
09. Feels Like A Weight Has Been Lifted
10. >>
11. Sick Mind
12. Normal Love

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 810 articles sur Eklektik.

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