Yattai/Boris Viande/Vengeance/Tina Turner Fraiseur/Nolentia/Grünt Grünt – Six Stab Wounds

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Style: compilation grindcore/powerviolenceAnnee de sortie: 2017Label: Coups de Couteau

L’amateur averti le sait, les splits sont légion dans le petit monde du grindcore/powerviolence. Mais quand le sympathique label bordelais Coups de Couteau se propose de faire un petit panorama français du/des style(s), ça nous donne ce Six Stab Wounds, réunion de six groupes aux noms plus ou moins fleuris, plus ou moins rigolos (entre Boris Viande et Tina Turner Fraiseur mon cœur balance), ayant pour dénominateur commun l’amour du blast et du cri sur des titres autour de la minute.

On débute du côté d’Angoulême avec les gouleyants Yattai, peut-être ceux qui apparaissent le plus du côté grind de la force. Leurs furieux six titres sont particulièrement groovy en tous cas, ne formant finalement qu’un long titre avec un riffing varié, majoritairement dans le rouge (sauf sur l’intro puis le final ralentis de « Cheaters »). Une excellente entrée en matière. Place ensuite à une première dose de déconne avec Boris Viande, trio orléanais nous accueillant sur le générique de La Chance aux Chansons avant de couper net dans un fracas surpuissant (« Boursouflure »). Des titres débiles, un son de batterie casserole et double-râle façon Spazz, on sait directement où on va. Entre les inoubliables samples de Pascal Sevran, les piques à leurs camarades de jeu (« Donald Trump Is A Fan Of Yattai ») et mine de rien un sacré groove au milieu du bordel (le passage central de « Bain de bouche »), on adhère totalement !

La transition avec Vengeance est… spéciale, le premier titre « Goodbye » étant à l’envers ! Les choses se remettent ensuite à l’endroit avec « Garage Bruit Pute Cartel », titre aussi furieux que varié où la chanteuse part parfois dans les aigus. La suite est entre urgence (deux titres d’à peine plus de 20 secondes et un dernier d’une minute) et un « Slow Life » plus structuré, avec trois minutes installant même sur le final une ambiance malsaine le temps d’une conversation téléphonique apparemment authentique d’une femme (ou petite fille) au 911. Le groupe nantais Tina Turner Fraiseur (quel nom génialissime !) y va ensuite de ses huit titres supersoniques (le plus long durant 48 secondes). Un cocktail de hurlements/growls à l’enregistrement (live ?) approximatif avec la batterie blastant aux avant-postes recouvrant quasiment tout le reste. Un peu difficile de comprendre ce qui se passe mais nul doute que leur powerviolence poutre comme il se doit !

Les toulousains Nolentia vont ensuite combler le manque de nuances qu’on pouvait reprocher au groupe précédent via leur grindcore virulent mais très groovy dans certains riffs (mention à l’excellent « Heaven Without Any Of You »). Les variations rythmiques sont nombreuses chez eux, et les cinq titres joués ici s’enchaînent bien vite, j’en aurais bien repris un peu de rab ! Grünt Grünt, second groupe d’Angoulême, a la mission de conclure cette compilation avec leur « unholy grind’n roll ». Morceaux sans titre mais numérotés en-dessous de la minute, chant mi-strident, mi-growlé sur des rythmiques épileptiques, encore un ultime appel à transformer le pit en champ de bataille.

Au final, ce Six Stab Wounds nous offre un très chouette panorama de la scène française actuelle avec six groupes dont on préférera certainement un ou plusieurs par rapport à d’autres (Yattai et Nolentia pour ma part, mais les autres se défendent tous très bien). Les amateurs du style se doivent de tenter cette excellente compilation, proposant des lectures différentes du grind/powerviolence et généreusement proposée en name your price, votre futur groupe favori y figure peut-être…

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beunz

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