Klone – The Dreamer’s Hideaway

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Style: KloneAnnee de sortie: 2012Label: Klonosphère / Season of MistProducteur: Franck Hueso

Bon là c’est du lourd on arrête de rigoler. Pas simple cette chronique. On parle vraiment là d’un groupe chouchou pour plusieurs chroniqueurs d’Eklektik, un groupe qu’on suit depuis ses débuts discographiques qui coïncident d’ailleurs quasiment avec ceux d’Eklektik. Et depuis 2003-2004, Klone n’a pas déçu. Pas une seule fois, en 4 sorties. Et nous comme des cons, on s’est habitué. Habitué à ce que chaque album que sort le groupe soit exceptionnel et s’affiche en toute simplicité comme un des albums de l’année.

Alors certes, The Eye of the Needle (qu’on n’a d’ailleurs pas vraiment chroniqué tiens) sorti l’an dernier avait un peu calmé certaines ardeurs (les miennes a minima), mais on pouvait mettre d’abord ça sur le compte d’un format qui semble assez peu adapté au groupe poitevin (2 longues compositions). Seulement voilà en 2012, Klone sort son nouvel album, et Klone cette fois, déçoit. Alors attention soyons clairs : The Dreamer’s Hideaway ne peut pour autant pas être qualifié de mauvais, ou de raté. Loin s’en faut. Il s’agit d’un bon album à l’échelle des paquets de merde qui inondent nos lecteurs winamp jour après jour. Mais il ne s’agit que d’un bon album, là où le standard Klonien se situe habituellement facilement 2 crans au-dessus. Fallait pas nous habituer les gars!

Qu’est ce qui peut bien clocher avec cet album ? La réponse est à la fois simple et compliquée. Simple car je pense que si cet album est moins bon, c’est tout simplement que les compositions qui le… composent, sont… moins bonnes. Moins inspirées. Incroyable hein? Mais il est pourtant compliqué d’en arriver à cette conclusion car même en multipliant les écoutes, il reste difficile de comprendre ce qui peut vraiment manquer, tant tout semble au rendez-vous comme d’habitude. A commencer par ce chant toujours fabuleux de Yann. Inattaquable. Ce garçon est juste exceptionnellement doué. Techniquement, les autres lascars sont tout aussi fidèles au poste, que ce soit cette batterie qui voltige d’un fût à l’autre avec grâce, cette guitare qui imprime des rythmes puissants mais subtils, et cette basse qu’on entend et qui porte finalement beaucoup le son Klone. Idem pour le saxo parfaitement à son aise et inspiré sur le morceau titre. Klone fait du Klone. Encore. Inattaquable sur le style. Pourtant…

Pourtant, mis à part l’excellent morceau d’ouverture astucieusement diffusé par le groupe en guise d’apéritif, un titre assez parfait dans le genre, il faut bien reconnaître que l’album manque de grands moments. Il y a pas mal de morceaux sympas, voire très bons (« Into the Void », « Siren’s Song », ou « Corridors » surtout en première moitié d’album en fait). Mais encore une fois Klone nous a habitués à mieux, et maintenant on veut du mieux. Et on boude quand c’est juste bien ou très bien, enfants gâtés que nous sommes.

Je me suis pourtant méfié cette fois, parce que ces diables de poitevins m’avaient un peu fait le même coup avec Black Days, album faussement représenté par le très direct « Give Up The Rest », et que j’avais d’abord cru décevant avant d’en percevoir la richesse et le génie. Du coup je voyais le même coup se produire pour ce nouvel album. Le problème c’est que les écoutes se multipliant, le plaisir apparaît certes, mais impossible de percevoir le génie qu’on a perçu sur tous les précédents albums. La faute aussi à des coups de mou qui empêchent la sauce de monter : « Rising » par exemple qui paradoxalement ne fait pas « riser », mais fait plutôt un peu bailler avec ses riffs paresseux et répétitifs et ce malgré un coup d’accélérateur et un Yann qui passe fugacement en mode « énervé ». On passe sur l’inutile interlude « Stratum », petite fresque expérimentale qui n’apporte rien.

Le problème aussi, c’est que les compositions se sont quand même un peu étirées en longueur, Klone flirtant depuis un moment déjà avec le prog’, mais le truc c’est que quand ça ne prend pas, et bien ça dure longtemps quand même (les 7 minutes de « Walking On Clouds » par exemple sur lequel le saxo apparaît pour la première fois pénible et pas convaincant). Idem pour le featuring de Doug Pinnick (King’s X) sur le bien plat « A Finger Snaps » qui évoque une triste chute de studio d’Alice In Chains. Le titre manque de relief, et la voix de Pinnick ne se marie pas très bien avec la musique, ni avec la voix de Yann. Même le plus direct et rentre-dedans « The Worst is Over » ne parvient pas à convaincre totalement, comme si le groupe était à la peine sur cette 2ème moitié d’album. Heureusement que Klone a toujours su clôturer ses albums, « At the Edge of the Bridge » renoue donc avec la qualité de la première moitié d’album, empreint d’une très belle et puissante mélancolie portée par la voix de Yann.

En me relisant, je me rends compte que le constat semble bien sévère et négatif. Pourtant je le répète, The Dreamer’s Hideaway reste un bon album, mais il n’est simplement pas à la hauteur des précédents opus du groupe. Nul doute que le groupe corrigera le tir la prochaine fois!

Tracklist :

1. Rocket Smoke
2. The Dreamer’s Hideaway
3. Into The Void
4. Siren’s Song
5. Corridors
6. Rising
7. Stratum
8. Walking On Clouds
9. The Worst Is Over
10. A Finger Snaps
11. At The End Of The Bridge

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 898 articles sur Eklektik.

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7 Commentaires

  1. Angrom angrom says:

    Je n’ai jamais vraiment écouté ce groupe, mais le morceau sur le sampler rock hard de septembre – Je crois que c’est Rocket Smoke m’a bien accroché. Par contre, je ne sais pas du coup si cette dernière livraison est la meilleure pour commencer

    • krakoukass krakoukass says:

      Attaque plutôt par All Seeing Eye ou Black Days et si tu veux quelque chose de plus rentre-dedans tu peux foncer sur Duplicate. L’EP High Blood Pressure, sur lequel le groupe entamait sa mue, est excellent aussi. Bref tout est bon chez Klone, même si ce dernier album est un peu derrière le reste.

  2. Kane says:

    C’est clairement une déception. Notre chouchou s’est un peu planté là. Des morceaux sans réelle accroche, on ne retient pas grand chose même après plusieurs écoutes. Bon, ce n’est pas mauvais en soi, hein, mais c’est au final assez plat…

  3. Jackass says:

    Chronique intuilement sévère. Un des albums de l’année pour moi.

  4. jonben jonben says:

    Après quelques d’écoutes, je serai plus nuancé que la chronique. J’avoue avoir eu un peu de mal à apprécier autant cet album que les précédents, il y a quelques baisses de régime sur l’album, des riffs ou mélodies vocales trop ordinaires, mais n’empêche, c’est un très bon album dans sa globalité, avec pas mal de passages vraiment percutants. C’est pas ce que j’appelle une déception!

  5. krakoukass krakoukass says:

    Attendez les gars, j’ai pas cassé le disque et je n’ai jamais dit qu’il était mauvais, il y a en effet de très bonnes choses, c’est juste qu’il est vraiment moins bon que les précédents à mon avis, d’où ma déception.

  6. jonben jonben says:

    Finalement j’y reviens souvent, et il talonnera mon top annuel. J’ai toujours la même impression d’une redondance des mélodies sur la fin de l’album mais n’empêche, ça le fait. Et quel chanteur!

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