Ophe – Litteras Ad Tristia Maestrum Solitude

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Style: avant-garde black metalAnnee de sortie: 2018Label: My Kingdom Music

La scène black metal avant-gardiste française connaît une solide réputation, notamment grâce à l’engouement généralisé pour des groupes comme Blut Aus Nord ou Spektr. Projet solo du guitariste/chanteur d’Område, Ophe vient tenter de se faire une place au sein de cette scène à part.

Litteras Ad Tristia Maestrum Solitude débute par « Somnum Sempiternum » et ses presque neuf minutes fortement tempétueuses. Bargnatt XIX, doux nom du bonhomme derrière Ophe, nous délivre des vocaux acérés, venant idéalement compléter ce titre d’ouverture à l’aura dérangée, faisant se côtoyer passages symphoniques, atmosphère suffocante avec saxo désaccordé et même de courts breaks electro. Un foisonnement d’idées aussi inattendues que baigné de folie pour cette introduction méritant quand même quelques écoutes attentives pour en capter l’intégralité. « Decem Vicibus » se retrouve aux antipodes du premier titre entre son ambiance lugubre quasi minimaliste et sa voix chuchotée, un peu comme si l’enregistrement avait eu lieu dans une église hantée.

« XVIII » reprend l’idée d’ambiance malfaisante dès son intro, entre chœurs dans l’esprit grégorien et le retour du saxo fou. La suite est plus virulente, multipliant les plans, de phases mélodiques en crises de démence. « Missive Amphibologique D’une Adynamie A La Solitude » apparaît ensuite tel un mélange de l’ambiance glaciale caractéristique du projet et de la folie latente qui se montre derrière. En plus de dix minutes, Ophe signe là le véritable temps fort de cet album, les plans se succédant tous idéalement entre ces mélodies plaintives (même chantées sur le final), son incontrôlable saxo et son imprévisible chaos. « Cadent » conclue enfin cet album de manière totalement inattendue: acoustique et au chant clean, une accalmie surprise plutôt judicieuse, idéale pour se remettre après l’effroyable tornade que représente le reste de l’album.

Ophe signe au final un premier album exigeant et ouvert, la multiplicité des pistes exploitées se montrent assez éreintantes lors des premières écoutes étant donnée la difficulté de compréhension créée. Mais la persévérance paie, et on en vient à déceler des pépites au milieu de ces douloureuses expérimentations elles-mêmes mêlées à des séquences plus émotionnelles. Une découverte singulière, peut-être en vue d’inscrire son nom dans les hautes sphères du black metal expérimental ? A voir…

  1. Somnum Sempiternum
  2. Decem Vicibus
  3. XVIII
  4. Missive Amphibologique D’une Adynamie A La Solitude
  5. Cadent
beunz
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