Obsolete Theory – Mudness

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Style: black/death/doom metal atmosphériqueAnnee de sortie: 2018Label: My Kingdom Music

Actif depuis 2010, Obsolete Theory aura attendu huit ans avant de sortir un premier véritable album (ils ont seulement sorti une démo et deux singles entre-temps). Du temps pour affiner son identité sonore et surtout composer au millimètre près ce Mudness, un titre qui aurait pu présager d’un album de stoner voire de sludge, or les italiens ont préféré explorer le metal extrême sous presque toutes ses formes, notamment du black, du death et du doom avec un rendu on ne peut plus massif.

Les cinq titres fleuves qui composent ce premier album font de huit à douze minutes, le temps pour les milanais de nuancer à loisir leur propos. L’ouverture avec « Salmodia III » ouvre donc de très nombreux tiroirs dans lesquels les atmosphères varient au gré des riffs, tantôt doom/death aux pourtours religieux avant de muter dans une explosion black metal plutôt mélodique. Décrite ainsi, l’approche musicale d’Obsolete Theory parait couler de source (qu’on peut d’ailleurs distinctement entendre en intro du premier morceau) sauf que le groupe n’a pas choisi la facilité pour ses compos.

Avec leurs diverses atmosphères basées autour de voix variées (clean, criées façon black metal, chuchotées, parlées, growlées…), ces longs morceaux donnent parfois un peu l’impression de vouloir contenter les amateurs des groupes/styles cités parmi leurs influences (de Behemoth à Alcest en passant par Opeth), un challenge semble-t-il respecté mais qui donne un peu le tournis au final. Malgré des mélodies souvent prenantes et des passages épiques particulièrement réussis (le trémolo central de « Six Horses Of Death »), Mudness souffre un peu de ses volontés d’ouverture, cet album est très riche certes mais manque fatalement de liant. Ainsi par exemple un titre comme « Dawn Chant » bénéficie d’une trop longue intro toute en retenue avant d’exploser dans un (post) black metal captivant.

Malgré ces quelques défauts, ces fans de Mortal Kombat (visez donc leurs photos où trônent Scorpion et Sub-Zero) proposent là leur propre vision du metal extrême, prise dans une ambiance mélancolique sur leurs phases posées mais non avare en moments virulents très convaincants. Avec son mastering signé Øystein G. Brun (Borknagar, autre influence décelable), Obsolete Theory délivre un premier album très ambitieux et exigeant mais qui devrait rallier pas mal d’adeptes à leur cause.

  1. Salmodia III
  2. Six Horses Of Death
  3. Dawn Chant
  4. Sirius’ Blood
  5. The God With The Crying Mask

Bandcamp

beunz

Groupes cités dans la chronique

Commentaire

  1. letatar says:

    Attiré par la magnifique pochette signée Jeff Grimal (ex-The Great Old Ones), j’ai tenté l’écoute. Si le premier morceau m’a bien plu, les 2 suivants m’ont laissé de marbre. Certes c’est plutôt varié mais certains enchaînements sont bancals et globalement ça manque d’inspiration. Quant aux tenues à la Mortal Kombat sur scène… C’est pas vraiment raccord avec la musique et assez ridicule, non ?

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