Mistress – In Disgust We Trust

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Style: grind sludgeAnnee de sortie: 2005Label: Earache Records

L’année dernière, Earache a signé deux groupes qui font revenir à leur surface ses glorieuses origines. Le premier est Municipal Waste, précédemment chroniqué par mes soins dans ces pages, et le second est Mistress. Déjà auteur de deux superbes démonstrations de force dans le département « sludge explosif », les voila de retour avec une offre encore plus grind que sludge mais avec encore et toujours un son bourré de distorsion et de haine à l’égard de tout, animaux de compagnie et humanité tout entière inclus. Iron Monkey et Napalm Death dans une bataille de rue, voilà ce que pourrait annoncer un de ces flyer promotionnel décrivant une association de groupes influents censée donner une idée du son auquel on doit s’attendre. Avec Mistress, pas vraiment besoin de dissertation en ce qui concerne leurs influences et là n’est de toute manière pas le propos. Pourquoi s’intéresser aux origines d’un groupe qui les assume au point d’orner son disque d’une pochette qui rappelle sans aucune hésitation le fameux From enslavement to obliteration de Napalm Death. Tout comme Municipal Waste le temps est venus de rendre visite aux aïeux et de donner un grand coup de fouet à ce qui fut le son Earache. Mais contrairement a Municipal Waste, il n’y a pas de temps pour rire. Ou alors rire en écartelant le chat de la voisine.

Comprenant dans leurs rang, Migg Kinney (batterie) et Dave Cunt (hurlement et chant), les deux acolytes de Anaal Nathrakh, In disgust we trust est bien évidemment produit au studio Necrodeath ce qui procure un rendu tout bonnement fantastique. Crasseux mais puissant, ne laissant aucun instrument électrique sans une couche de distorsion mais ne rendant jamais le tout brouillon. Quand les premières notes retentissent dans les enceintes on sens déjà les premières émanation de souffre venir chatouiller nos narines. Pas de doute a avoir sur l’objet du délit, ces types là ne fréquentent pas les églises mais ne jouent pas non plus avec un quelconque respect pour Lucifer. Il parait qu’après une explosion nucléaire il ne restera que les cafards pour peupler la planète. Et bien c’est faux, il y aura aussi Mistress dans un coin et ils se marreront en pissant sur vos cadavres. Voilà ce que m’inspire cet album au sujet de ces membres. Non, pas une envie de me lancer dans la désécration de sépulture mais une sincérité dans le flot de haine que déversent à grand flot chaque chanson mais cela sans que cela paraisse prétentieux. Après tout, on a affaire à des anglais. Et quoi de plus spécial que l’humour anglais ? Ainsi, par ci par là on a des occasions de sourire un peu, mais sans jamais tomber dans la parodie, comme durant le refrain de « Whiskey tastes better » ou Dave Cunt fait entendre une voix mélodique aigue que Rob Halford pourrait presque reconnaître comme sienne.

Le sludge et le grind font donc bon ménage sur toute la durée de cet album mais sans que l’on ne puisse parler de course au bruit le plus tonitruant. Chaque chanson est on ne peut plus mémorable, chaque riff s’imprime au fer rouge dans votre tête et vient chatouiller votre cortex pour solliciter votre imagination dans ses endroits les plus malsains. Non, cet album n’est pas un appel au meurtre, famille de France peut dormir tranquille, mais je ne vois pas non plus comment on pourrait penser à Winny l’Ourson en écoutant cet album. Bref, je vous ai donc je pense bien fait comprendre que l’on était en présence d’un album violent mais pas totalement sérieux non plus et d’un groupe d’anglais furibards avec une envie pressante d’en découdre avec tout ce qui bouge. Mais ce que je n’ai pas encore bien précisé c’est à quel point il y a avait dans chaque plage une dose d’originalité qui la faisait jaillir en tête de tous les exercices de styles dissonants d’autres groupes de sludge et de grindcore. Petits passages mélodiques, gang vocal, solos distordus et surtout inattendus. Le programme est varié et donne envie de revenir encore et encore s’abreuver à la source. Et puis cette fin d’album monumentale, un riff sludge lent et malsain à souhait en forme de rouleau compresseur. En écoutant cet album pour la première fois je me suis souvenu de mes premières écoutes de Human 2.0 de Nasum. Ce sentiment que ce n’est pas juste un simple album que j’entendais mais un groupe tout entier qui vivait à l’intérieur du disque et crachait tout ce qu’il avait dans le ventre. L’image est simple mais les intentions de Mistress ne me semblent pas bien complexes. Etre franc et honnête avec une musique extrême mais toujours extrêmement bien écrite. Et de ce fait, In disgust we trust n’est pas un album de plus dans le genre mais un de ceux qui naviguera encore et encore à la surface des marais poisseux où viennent se recueillir les fans du genre. Une oeuvre vivement conseillée.

  1. in disgust we trust
  2. happily ever disaster
  3. fucking fuck
  4. static
  5. at arms length
  6. alchohole
  7. whiskey tastes better
  8. me ves y suffres
  9. talking to god (on a microphone made of steel)
  10. shovel

Chroniqueur

Mathieu Lubrun

Hororo est chroniqueur depuis 2004 sur Eklektik, bibliothécaire de profession, passionné de musique (metal, jazz, hip hop, electro …) et de comics. Alcoolique de concert et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie. Contactez-le pour lui dire tout ce que vous voulez à son adresse personnelle xhororox [AT] gmail [DOT] com et/ou suivez-le sur Twitter.

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7 Commentaires

  1. cava76 says:

    Entombed meets Napalm death j’ai adore cet album

  2. Julien says:

    Ca à l’air bien, Iron Monkey et Napalm Death ! :))))))
    Ps : C’est trop long à lire !!!

  3. Zepekegno says:

    Yeah bien jusqu’auboutiste cet album , c’est crade, puant, haineux et volontairement débile….tout ce que j’aime:))))

  4. heddy says:

    cet album est dement!

  5. krakoukass Krakoukass says:

    Tain y a des fans de La Cité de Dieu par ici (excellent film du reste). Sinon j’ai pas écouté ça mais ça me tente bien du coup!

  6. Bernard says:

    Très bon groupe. Mon préféré reste leur deuxième album ‘The Chronovisor’.

  7. Ikse says:

    Une excellente suprise cet album !

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