Soft Kill – Dead Kids R.I.P. City

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Style: post-punk/synthpopAnnee de sortie: 2020Label: Cercle Social Records

Portland, la capitale de l’Oregon a toujours eu de nombreux représentants sur la scène rock ou alternative, d’Agalloch à Grails en passant par Red Fang, la ville s’est toujours trouvée à la pointe des tendances. Pourtant, derrière l’apparence hipster dégagée par la ville se cache aussi des vies aussi cassées que désespérées qui tentent d’exister dans une ville gentrifiée. Des vies que Soft Kill a décidé de « célébrer » le temps de ce nouvel album au titre évocateur: Dead Kids R.I.P. City.

Car c’est bien la part sombre de Portland dont Soft Kill traite ici, chacun des titres prenant les traits d’un personnage dont la vie est contée, la conception de ces titres étant d’après des souvenirs personnels mélangés à des récits fictifs. Un univers de noirceur urbaine qui colle totalement avec les mélodies délivrées par le quartet. Le mélange de post-punk et pop à synthé est dans la lignée de Savior (2018), désenchanté, nostalgique mais porté par des mélodies résonnant longtemps après écoute. Il faut dire que ces dix compos sont composées avec grand soin, développant des atmosphères sombres mais totalement évidentes.

Seul ou bien accompagné (par Adam Klopp de Choir Boy ou Tamaryn), Soft Kill livre un album incroyablement prenant, immersif et accessible malgré la grisaille environnante. Souvent contemplatif (« Roses All Around », « Matty Rue » ou encore le total shoegaze « Oil Burner » qui dépasse les 8 minutes), parfois plus sautillant (« Wanting War » ou « Pretty Face », tous deux orientés post-punk dans des tonalités The Cure), Soft Kill trouve son équilibre et nous embarque en virée version déprime (autoproclamée « doom pop ») dans cette ville qu’il ne reconnaît plus. En attendant de pouvoir vous rendre à Portland, vous pouvez faire un tour dans votre ville d’enfance et vous remémorer vos jeunes années un jour de grisaille tout en écoutant cet album, effet garanti !

  1. Roses All Around
  2. Wanting War
  3. Matty Rue
  4. Floodgate
  5. Crimey
  6. Pretty Face
  7. Ducky
  8. Inverness
  9. Oil Burner
  10. I Needed The Pain

beunz
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Commentaire

  1. RBD says:

    Suivant Soft Kill depuis quelques années, je suis moins emballé par ce nouvel album, l’effet de découverte ne jouant plus. Formé sur les vestiges d’une précédente formation (l’intéressant « Blessure Grave », en français dans le texte), SK est prolifique et nourrit chaque trimestre ses fans par des démos, EPs et singles sans que n’en souffre le rythme de production d’albums plus conséquents.
    Après des débuts Post-Punk très sombres et mélodiques, où une pointe de Shoegaze un peu Dreamy venait régulièrement délayer le désespoir ambiant, « Savior » marquait un virage vers un répertoire plus lumineux et plus électrique, qui m’avait complètement conquis.

    Là on revient vers un son plus léger, j’ai souvent pensé à The Cure époque « Disintegration ». Mais il y a quelques longueurs, et même une vraie scie (« Inverness ») confirmant l’impression de coup de mou sur l’ensemble quant à l’inspiration, malgré ses bons moments. Cette sévérité peut se discuter mais le groupe nous a certes habitué à être vraiment exigeant en termes de qualité. Ils vont sans doute perdre quelques fans aussi en confirmant l’option moins noire des premières années, même si la saveur plus saturée de « Savior » est abandonnée.

    Cela peut être cependant l’occasion pour l’auditeur de découvrir l’œuvre de l’un des meilleurs groupes de la scène Post-Punk indé de la décennie, leur production est déjà suffisamment riche et variée pour qu’on aille l’explorer si ce disque ne séduisait qu’à moitié. Et moi je ne m’en fais pas, s’ils tiennent le rythme de production cet album un peu moins bon que d’autres sera vite rattrapé.

    Merci pour les clips.

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