Cradle Of Filth – Godspeed On the Devil’s Thunder

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Style: black metalAnnee de sortie: 2008Label: Roadrunner Records

Les Anglais de Cradle Of Filth semblent assez productifs ces temps-ci. Deux ans après la sortie du très décevant Thornography et quelques mois la sortie de sa réédition (Thornography – harder, darker, faster), qui ne semble pas avoir eu l’effet escompté, la bande à Dani est déjà de retour avec son huitième album studio. Pour cette nouvelle galette, le combo britannique a décidé de mettre les petits plats dans les grands en nous offrant un album-concept qui s’articule autour du personnage de Gilles De Rais (aussi connu sous le nom de barbe bleue), psychopathe, assassin et pervers sexuel ayant sévit en France au XVème siècle. Bien que le groupe se soit déjà attelé à ce genre d’exercice par le passé – comme sur Cruelty and the beast, qui relatait la vie de la comtesse Bathory – de nombreux doutes persistaient. Même si pour beaucoup Cradle Of Filth n’est devenu qu’une parodie de lui-même, il faut tout de même admettre que la formation est encore capable de sortir de bons albums, comme en 2004 avec Nymphetamine. Le problème, c’est que la qualité n’est pas une constante chez le combo british (comme sur Thornography ou encore sur l’indigeste Damnation and a day), alors il n’est pas étonnant qu’au bout d’un moment certains auditeurs lâchent l’affaire et passent à autre chose.
C’est donc non sans une certaine appréhension que j’ai débuté l’écoute de ce nouvel album, et il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que ce nouvel opus risquait bien de me réconcilier avec les Anglais. Bien entendu, si le côté grandiloquent et théâtral si propre au groupe vous insupporte, il vaudrait mieux passer votre chemin, car, de ce côté-là, il n’y a pas eu des masses de changements, au contraire, le côté symphonique est encore plus présent et mis en avant que sur la précédente galette. A l’instar de Dimmu Borgir, le groupe continue donc à proposer un black metal symphonique à souhait, mais contrairement aux Norvégiens, la clique à Dani semble avoir retrouvé un second souffle. Est-ce dû à l’arrivée de Martin Skaroupka derrière les fûts ? Difficile à dire, mais il est indéniable que le bonhomme est loin d’être un manchot. Son jeu de batterie à la fois épileptique et fouillé se greffe à merveille à ces nouvelles compositions, soulignant indéniablement leur côté brutal. Si ce retour à des sonorités plus extrêmes est indéniable dès les premières écoutes, on note aussi le retour en grande pompe de cette pléïade d’arrangements de cordes et de chœurs qui s’étaient faits très discrets (voir quasiment inexistants) sur le précédent opus. Le résultat risque d’ailleurs d’en étonner plus d’un, car on se retrouve avec un disque vraiment inspiré, très bien ficelé, et qui malgré sa durée (un peu plus d’une heure dix), n’est pas si difficile à digérer. Bon, je ne dis pas que vous aurez assimilé cet album en deux écoutes, car les compositions sont tout de même très riches et vous réservent quelques surprises, mais cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à écouter un album de Cradle de bout en bout.
Comme je l’ai dit plus haut, le groupe semble clairement avoir renoué avec l’inspiration, et ce, à tous les niveaux. Exit les refrains pompeux et lourdingues sur lesquels Dani s’essayait au chant clair. Si j’ai toujours un peu de peine avec ses attaques aigues, le bonhomme a opté pour une voix nettement plus gutturale et menaçante qui colle à merveille aux compositions, ainsi qu’au jeu de guitare qui propose toujours cette mixture oscillant entre death, thrash, saupoudrée ça et là de quelques passages heavy.
Difficile de parler d’un titre en particulier, car, en ce qui me concerne, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose à jeter. Tout est mis en œuvre pour que l’on parcoure cet album de la même façon dont on lirait un livre, d’ailleurs, le groupe a même fait appel à Doug Bradley (Monsieur Pinhead, qui sévit dans la série des Hellraiser) afin qu’il se charge des parties narratives qui parsèment l’album. Oui, le groupe a mis les petits plats dans les grands, et cette fois, cela s’avère payant. Je ne doute pas une seconde que cette superproduction ne sera pas du goût de tout le monde, mais bon, le groupe serait bien bête de ne pas profiter des moyens qui sont mis à sa disposition pour enregistrer dans de bonnes conditions. « Epique » est l’adjectif qui colle parfaitement à cette nouvelle réalisation, et même si ce Godspeed on the devil’s thunder ne prend pas aux tripes comme Communion, la dernière réalisation de SepticFlesh, il offre tout de même de grands moments et permet au groupe de faire un retour inespéré.
Moi qui m’attendais vraiment au pire, je dois avouer que je suis vraiment le premier surpris par cette nouvelle livraison des Anglais, dont je ne me lasse pas et que je vous recommande vivement. Sans révolutionner son répertoire musical, le groupe signe là ses meilleures compositions depuis un sacré bout de temps. A la fois complexes et efficaces, ces dernières vont mettre vos cervicales à rude épreuve, tout en vous faisant passer un excellent moment. Pour moi, il n’y a plus aucun doute : on tient enfin le meilleur album de Cradle depuis bien des années. Voilà, la messe est dite. Alors si ma chronique n’a pas réussi à titiller votre curiosité, je vous conseille quand même de jeter une oreille à cet album si vous en avez l’occasion, car il en vaut vraiment le détour.
On notera que la version 2CD propose pas loin de dix titres, comprenant cinq inédits, des live (Dirge inferno, Dusk and her embrace), des démos (The death of love, The 13th caesar), ainsi qu’un remix de Love and death.

  1. in grandeur and frankincense devilment stirs
  2. shat out of hell
  3. the death of love
  4. the 13th caesar
  5. tiffauges
  6. tragic kingdom
  7. sweetest maleficia
  8. honey & sulphur
  9. midnight shadows crawls to darken counsel with life
  10. darkness incarnate
  11. ten leagues beneath contempt
  12. godspeed on the devil’s thunder
  13. corspseflower

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4 Commentaires

  1. totoro says:

    Chronique tout à fait juste. Un retour inspiré qui fait vraiment plaisir! Le premier album de Cradle à tourner dans ma platine depuis Midian. Du coup j’ai essayé le Nymphetamine, qui bien que très métal gothique, n’en reste pas moins un bon cru « cradlelien ». Pour ce Godspeed, entre de bons riffs, un batteur qui rappelle un peu le Nick Barker des grandes heures et une ambiance théatrale très cohérente du début à la fin, l’ancien fan que je suis se retrouve comblé par un groupe laissé de côté depuis longtemps…belle, belle surprise (j’aurai même vu une appréciation de l’album plus élevée!:)). Sinon le titre « Death Of Love » sort quand même du lot, romantique et épique à souhait, un pur hit en fait!

  2. AlCheMist says:

    T’es le Totoro qui mange des enfants du site des Eternels ?
    Si oui, comme dirait l’autre « j’aime beaucoup c’que vous faites ! »
    Bon sinon, jamais pu accrocher à Cradle. Sans doute la voix qui m’horripile au plus haut point…

  3. totoro says:

    Ha ben non! Je viens d’avoir un enfant mais je ne compte pas le manger maintenant… J’ai écrit pendant 3 ans pour les acteurs de l’ombre mais les éternels, connaît pas, désolé!:)

  4. ZSK says:

    d’accord avec Totoro, un retour du vrai Cradle qui fait plaisir, avec des sacrés titres (« The Death Of Love », « Honey And Sulphur » qui rechasse sur le territoire de Dimmu…). bon ça n’atteint pas Midian et je reste quand même un peu déçu que ça ne soit pas le retour à C&tB qu’évoquait Dani… excellent album de toute façon, même si je me rends compte depuis le temps que je ne l’ai pas écouté des masses…

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