Cloudkicker – Beacons

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Style: metal progressif instrumentalAnnee de sortie: 2010Label: Autoproduction

Cloudkicker est le pur produit de notre époque, un groupe derrière lequel se cache un seul type, dénommé Ben Sharp qui peaufine depuis des années sa musique dans son home studio et s’appuie depuis ses premières tentatives sur internet pour la diffuser.

A force de perséverer dans l’apprentissage autodidacte des techniques d’enregistrement, Sharp compose et enregistre des morceaux entiers en faisant sonner le tout si naturellement qu’on croirait entendre un groupe complet, en ne s’aidant que de guitares et de boites à rythme, qu’il manipule avec un talent largement supérieur à la moyenne. Tout ce qu’il enregistre est disponible gratuitement en mp3 sur le net, il se charge également du mastering, de l’artwork, fait presser ses albums en CD et vyniles et s’occupe de l’envoi sans passer par un label, et sans d’ailleurs le revendiquer, on a affaire à un humble musicien amateur passionné qui joue désormais dans la cour des grands.
Car tout ça n’aurait que peu d’importance si Sharp ne proposait pas également une musique digne de tout l’intérêt qui lui est porté, petit buzz qui lui vaut de se faire un nom sur internet et qui fait que ce qui n’était certainement qu’un loisir au départ devient désormais un projet artistique ambitieux.

L’influence majeure de Sharp à ses débuts était clairement Meshuggah, et on a toujours à l’esprit les riffs répétitifs au son saturé bien lourd sur des rythmiques complexes de ces derniers. Mais si les précédentes sorties de Cloudkicker (un album en 2008 et des EP depuis) m’avaient laissé une sensation d’inachevé, cette influence étant encore trop présente, Beacons démontre la progression de ses compositions vers une musique bien plus personnelle, mélangeant élégament tout l’éclectisme du metal progressif et le post rock ambiant.
On peut trouver des parallèles dans le parcours de Tosin Abasi (Animals as Leaders) ou Paul Ortiz (Chimp Spanner), même si leurs musiques sont assez différentes. Ben Sharp axe également sa musique sur une maitrise virtuose de la guitare, mais est moins démonstratif que ces derniers, et intègre ses riffs dans des structures progressives dignes d’Isis, Russian Circles ou Red Sparowes, certes surboostées, le gros son, les rythmiques angulaires en contre temps et les riffs metal à moult renforts de tapping et double pédale en plus.
Le tout évolue entre sommets tempêtueux et plaines paisibles avec des liaisons subtiles. Cet album instrumental suit un concept qui explique les titres curieux des morceaux, il s’inspire de phrases tirées d’une boite noire d’un avion avant qu’il ne s’écrase. Malgré ce thème, Beacons porte un esprit optimiste dénotant de la majorité des sorties affiliées metal, les passages les plus lourds sont même les plus enlevés, jouant sur des rythmiques complexes entrainantes. « Amy, I love you. » à la fin est même carrément guilleret.

Le potentiel de Cloudkicker était clairement là dès le premier album mais Beacons apporte une vraie maturité à sa musique et une cohérence sonore sur un album entier.  L’aspect instrumental tout comme les influences post-rock y forgent une musique qui si elle s’inscrit dans la tradition du « gros son » (l’excellente autoproduction sonne très moderne) est destinée à plaire à tout amateur de rock en général, en particulier ceux que les chants hurlés rebutent.
Je vous recommande donc chaudement de vous rendre sur la page bandcamp de Cloudkicker pour y télécharger l’album gratuitement (choisir l’album digital pour 0$). Il affichait encore récemment sur cette page « This album was recorded for a grand total of $0, and is therefore being distributed for free. If you paid money for this you’re a sucker », mais il est depuis possible d’acheter les versions CD et vinyle.

1. We are going to invert…
2. Here, wait a minute! Damn it!
3. We’re goin’ in. We’re going down.
4. Oh, god.
5. I admit it now. I was scared.
6. We were all scared.
7. Push it way up!…it’s just wide-open field.
8. It’s bad. We’re hit, man, we are hit.
9. Amy, I love you.
10. untitled

[youtube width= »650″ height= »25″]http://www.youtube.com/watch?v=pDBBymiFoLA[/youtube]

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 491 articles sur Eklektik.

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3 Commentaires

  1. drommk says:

    son meilleur album

  2. johnhord says:

    une pure tuerie!

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