Animals As Leaders – The Joy of Motion

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Style: djent/metal prog instrumentalAnnee de sortie: 2014Label: Sumerian RecordsProducteur: Misha Mansoor

Tosin Abasi, un des guitaristes les plus intéressants de nos jours, est de retour avec ce 3ème album de Animals As Leaders, son projet solo devenu groupe à part entière, et d’autant plus depuis l’arrivée de Javier Reyes, autre guitariste exceptionnel amateur de 8 (et même 9) cordes. Les 2 compères semblent inséparables désormais, on les retrouvait également dans le projet jazz/fusion T.R.A.M. qui a sorti un excellent EP l’année dernière.

Le 1er album d’Animals As Leaders avait fait figure de petite bombe dans le milieu metal progressif en 2009, présentant une musique instrumentale axée sur le jeu de guitare d’Abasi, à base de polyrythmies plombées, accords jazz, solos virtuoses et jeu expressif sur des guitares avec un spectre plus large (2 cordes graves en plus) permettant d’intégrer à la guitare le jeu de basse – slaps compris. Le second album Weightless poursuivait avec la même qualité, l’effet de surprise en moins. Quant à ce troisième album, il continue dans la lignée avec 12 nouvelles compositions d’un tel niveau qu’il se pourrait bien qu’on ait là le meilleur album des 3.

C’est Misha Mansoor, meneur de Periphery, qui avait produit le 1er album et il s’est également occupé de ce nouvel album, on retrouve donc une production aux sons modernes au possible, un gros son bien « metal » et de nombreuses sonorités électroniques donnant une cohésion à l’ensemble. L’album est varié, sait se faire efficace que ce soit en mode gros riff djent (« Tooth and Claw »), hyper-groove slappé (« Physical Education »), arpèges intimistes (« The Future That Awaited Me ») ou tout ça à la fois (« The Woven Web »). Dans tous les cas la batterie virevolte dans tous les sens et les solos jazzy sont toujours aussi bien sentis. Si la tonalité générale est bien relevée, on notera en plus détendus « Para Mexer » et ses guitares acoustiques où l’influence latino de Reyes se fait indéniablement sentir, ou le très cool « Another Year » au jeu clair aux doigts.

Le reproche fait habituellement aux albums démonstratifs, de faire passer la technique avant la musicalité est ici à balayer. La virtuosité des musiciens est omniprésente, on ne les entendra jamais céder à la facilité, mais l’émotion, le feeling sont bien là. Plus joyeux que leurs précédents efforts, The Joy of Motion est plus solide globalement, chaque compo est marquante et bien construite. Cet album confirme juste que Animals As Leaders est un des groupes rock avec le jeu de guitare le plus créatif qu’on puisse trouver, c’est tout simplement une nouvelle pierre angulaire du rock instrumental.

 

Raah ce lead lumineux sur ce groove djent groovy à souhait.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Spirilysis says:

    Chronique très juste, à laquelle j’adhère totalement. Je confirme, « the joy of motion » est de loin mon préféré des 3. A mes oreilles (et à ce qu’il y a entre) leur musique affirme lourdement sa personnalité, offrant une énergie mieux canalisée, plus vaste et virevoltante, avec un fil bien plus percutant pour chaque morceau. Comme si tout ce qu’ils avaient dans le ventre et que j’attendais s’exprimait enfin… du moins, avant le prochain opus! Parce que les entrailles, ça cache bien des choses. Merci pour ta chronique!!

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