Sentient Ruin en 2019 (Part. 1)

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Style: black, death, doom, sludge, dark ambient...Annee de sortie: 2019Label: Sentient Ruin Laboratories

Les amateurs d’extrémisme sonore connaissent désormais très bien Sentient Ruin Laboratories, label qui a su s’imposer (en sept ans d’existence) grâce à des sorties destinées aux oreilles exigeantes. Basé à Oakland (Californie), ce label aime tellement dénicher aux quatre coins du globe des groupes (ou projets solo) – tantôt black metal, tantôt death plutôt old school, tantôt plus expérimentaux, toujours singuliers – qu’il a simplement sorti 28 albums cette année, oui 28, ce qui est un sacré tour de force ! Si j’ai déjà parlé par ici de quelques unes d’elles, ces tarés ont un rythme de sorties est tellement intense que j’ai décidé de rattraper (vu que la fin de l’année approche) dans un seul article les plus intéressantes sous forme de mini-chroniques. A vous maintenant de trouver votre bonheur…

Imperial CultSpasm Of Light (black metal)

Imperial Cult est un trio hollandais actif dans des groupes (plutôt intéressants) tels que Turia, Nusquama, Cryptae ou encore Celestial Bodies qui s’est dit qu’il allait sortir un titre de quasiment 34 minutes avec des parties totalement improvisées. Drôle d’idée mais le résultat est là, ce Spasm Of Light qui n’est autre qu’une avalanche de riffs tranchants sur fond de cris lointains dans l’esprit du cascadian black metal façon Ash Borer. Après un quart d’heure bien tendu, s’en vient un mouvement instrumental plus lent avant d’accélérer à nouveau dans une frénésie suffocante tandis que les dernières minutes seront celles de la descente à pic. Un album vraiment douloureux à encaisser étant donné sa durée et sa tension quasi constante mais une expérience saisissante à tenter.

NightfuckerS/T (sludge/doom)

Fondé par l’ancien guitariste de Moss (sludge/doom anglais) et par deux Radioactive Vomit (black metal canadien), Nightfucker nous offre un premier full-length poisseux, malade, rampant dans sa propre crasse. Le vocaliste (ayant fait ses preuves dans Goatsblood) y ajoute une dimension malfaisante (comme si on en avait pas assez !) en vomissant ses tripes sur de réjouissants sujets (suicide, addictions, maladies mentales). Quatre titres pour autant de plongées dans des stations d’épuration dans lesquelles quelques morceaux humains flottent joyeusement. Les amateurs d’Eyehategod et autres Noothgrush peuvent préparer leurs maillots de bain en toute quiétude !

Golgothan RemainsPerverse Offerings To The Void (chaotic death metal)

Sorti en autoprod en 2018, le premier album des australiens de Golgothan Remains a été récupéré par Sentient Ruin. Il aurait été dommage de se priver d’une telle tuerie ! Le groupe de Sydney fait en effet se cohabiter death et black metal dissonant, un peu comme si Ulcerate et Deathspell Omega jammaient au fond d’une caverne. Chaotique mais baigné d’une atmosphère restant compréhensible (notamment grâce à quelques parties groovy très entraînantes comme pendant « Vile Blasphemy »), on tient là une très bonne surprise qui devrait ravir les amateurs de violence alambiquée.

Hold Me DownS/T (post-indus/noise)

Monté par un gars d’American (black metal/indus dystopique dont je vous ai déjà parlé ici), Hold Me Down diminue les doses de black metal (restent quelques vocaux, comme sur « Decoder » ou « Spoils ») pour nous emmener dans la visite d’une usine sidérurgique hantée. Rythmiques mécaniques infernales, touches de harsh noise par ci par là, l’oppression est constante et les machines semblent vouloir prendre le contrôle. Fans de Godflesh et de travail à la chaîne, c’est pour vous !

ChtonicaTyphomanteia: Sacred Triarchy Of Spiritual Putrefaction (raw death/doom)

Direction le Venezuela avec Chtonica, mystérieux duo jouant une mixture de death et de doom avec une touche de black metal. Le son est raw et la voix mise très en avant contribue à l’installation d’un climat ultra malfaisant. Celle-ci nous gratifie de growls bien bestiaux, allant de pair avec une rythmique alternant passages mid-tempo écrasants et fulgurances blastées. Même si le résultat apparaît très compact et un peu répétitif (sur des titres assez longs), ce premier album primitif parvient à rester captivant grâce à son atmosphère morbido-oppressante. Nul doute qu’en odorama, cet album serait estampillé Lubrizol !

Goat TerrorUnholy March (war/death metal)

On part cette fois du côté du Belarus avec Goat Terror, projet de black/death/war metal mené par un seul homme. Blasphème et guerre sont donc au menu de ce Unholy March, premier EP trois-titres qui ne fait pas dans la dentelle. Grosse voix néandertalienne sur fond de blasts quasi continuels, le petit gars de Minsk nous plonge en plein milieu d’un champ de bataille, chaotique et blindé de rafales de tirs en tous genres. Recommandé aux amateurs d’Impiety et Conqueror.

ClavicvlaSepulchral Blessing (dark ambient)

Avec son artwork contenant des photos des fameuses catacombes de Palerme (où les corps momifiés de notables et de moines servent de décorations et sont accrochés aux murs), Clavicvla nous plonge (et nous maintient la tête sous l’eau) avec ce Sepulchral Blessing dans le « royaume » de ces morts. Onde drone nauséeuse et cauchemardesque, voix trafiquées dans le fond (rappelant par moments Lurker Of Chalice), on se laisse submerger par cette lente agonie sonore aussi repoussante qu’hypnotique.

ConsummationThe Fires Of Calcination (black metal)

Peut-être avez-vous écouté The Great Solar Hunter, premier véritable album de Consummation sorti en juin dernier sur Profound Lore ? Eh bien The Fires Of Calcination va vous permettre d’approfondir sur ce groupe puisqu’il s’agit d’une compilation regroupant la démo et l’EP que le groupe avait sorti auparavant. Groupe australien comprenant en ses rangs le batteur de Psycroptic et le guitariste de Dispirit (et ex-Asunder), Consummation montre ici son évolution d’un black metal cru et dissonant sur sa démo à des envies plus variées sur l’EP, plus techniques, progressives et même mélodiques (bien que toujours dans l’esprit orthodoxe). Un peu comme si l’aura délétère d’un Funeral Mist avait rencontré le chaos de Dodecahedron. Excellent.

Leather GlovePerpetual Animation (death/sludge metal)

Producteur renommé dans le monde du metal extrême US (Noothgrush, Autopsy et bien d’autres), Greg Wilkinson passe aussi parfois de l’autre côté de la console et joue aussi dans des groupes, et pas des moindres (Brainoil, ex-Graves At Sea entre autres). Pour son premier véritable album avec Leather Glove, il s’est entouré de deux batteurs: celui de Necrot (toujours) et celui d’Engorged. Comme sur la démo sortie il y a quatre ans, Leather Glove mixe sludge rampant et death metal groovy dans un bain bouillonnant regorgeant d’hémoglobine et d’effluves putrides (qui vont de pair avec les passages crust/d-beat que l’on retrouve ça et là). Une ode à la destruction redoutablement sinistre et poisseuse…

beunz
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