Dream Theater – Systematic Chaos

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Style: metal progressifAnnee de sortie: 2007Label: Roadrunner Records

Il n’est pas évident pour moi de chroniquer ce nouveau disque de Dream Theater. La relation que j’entretiens avec le groupe va au-delà de la qualité de leurs albums, et même si la direction prise par le groupe depuis quelques albums ne me convient pas totalement, le groupe reste une de mes valeurs sûres, et à coup sur un plaisir à voir en live.

Alors, nouveau label, nouveau départ ? Pas évident. On aurait pu reprocher à Octavarium d’être un peu bâclé pour honorer la fin de contrat avec Warner, et bien le groupe n’a apparemment pas pris plus son temps pour faire le premier album de son contrat avec Roadrunner. Cela dit, même dans l’urgence, Dream Theater reste Dream Theater et la bande à Mike Portnoy nous a concocté un album solide. Petite nouveauté, le groupe a changé d’ingénieur du son et a choisi un vieux routard du métal progressif, l’expérimenté Paul Northfield (Rush, Queensrÿche), du coup, Systematic Chaos a un son de qualité, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Alors, ce disque va-t-il permettre à Dream Theater de dépasser son statut de groupe à la fan base nombreuse et solide, mais honni d’une bonne partie des métalleux « classiques » ? Il me semble que les nouveaux fans de Dream Theater, ceux qui ont pour référence les albums post 1999, vont adorer le nouveau disque, qui est dans la droite lignée d’un Octavarium ou d’un Train Of Thought, par exemple. « The Dark Eternal Night » ou « Constant Motion » auraient pu figurer sur l’album très métal qu’était Train Of Thought sans le déparer. De même un titre comme « Prophets Of War », sorte de mix entre Muse et du métal, est dans la droite lignée d’un « Never Enough ». Pour les fans plus anciens, ceux dont Awake ou Images And Words sont les références majeures, il subsistera toujours ces petits regrets de la grande période ou Dream Theater ne copiait personne, ou en tout cas pas de manière si grossière, et innovait d’album en album. Car plus le temps passe, et plus, en complète opposition avec le schéma normal d’évolution des groupes, Dream Theater cache de moins en moins ses influences et n’hésite pas à pomper le style des groupes qu’il admire. Petrucci déclarait en 2005 que le groupe était une « éponge musicale », et ceci saute aux oreilles, notamment à l’écoute de « Repentance » un morceaux calme dans la veine de Porcupine Tree mais surtout d’Opeth (écoutez le solo de guitare).

Néanmoins il y a toutefois des raisons de se réjouir à l’écoute de ce disque tout d’abord la première partie de « In The Presence Of Enemies », qui passé l’intro démonstrative nous ramène a un son plus rock qui rappelle les grandes heures de Falling Into Infinity. Également à noter le très bon « The Ministry Of Lost Souls », une longue power ballade, dans laquelle est incorporée des passages de folie progressife typiquement Dream Theater. On passera rapidement sur le cas de « Forsaken », qui s’il n’y avait pas la voix de James LaBrie, pourrait faire penser à du Evanescence. L’album se termine sur une très bonne note avec la seconde partie de « In The Presence Of Enemies », épique de 25 minutes qu’on a hâte d’entendre d’une seule traite en live. J’ai également parlé de « Repentance » en citant les influences trop voyantes, c’est néanmoins un très bon titre, posé, calme et émouvant.

Encore une fois, c’est James LaBrie qui sort vainqueur de ce disque. Lui qui était si décrié il y a quelques années, il est, depuis deux disques en forme olympique, et donne vraiment au groupe son identité. Petrucci est quand à lui très en forme, et ses solos sont parmi les plus inspirés depuis longtemps, même s’il ne peut pas s’empêcher de placer parfois un peu de shred démonstratif. Portnoy, Rudess et Myung sont égaux à eux-mêmes, sans être spécialement extraordinaires (mais on s’habitue à tout, même à l’excellence).

Bref, Systematic Chaos ravira a coup sur la horde de nouveaux fans que le groupe a réussi à réunir depuis le succès de Metropolis Part 2, les anciens trouveront sans doute le disque agréable, sans plus, avec un petit pincement au cœur en repensant à la période dorée.

  1. in the presence of enemies : part i
  2. forsaken
  3. constant motion
  4. the dark eternal night
  5. repentance
  6. prophets of war
  7. the ministry of lost souls
  8. in the presence of enemies : part ii
Angrom

Chroniqueur

Angrom

Comme pas mal de gens, c'est par mon paternel que me sont venues bon nombre de mes émotions musicales. Éclectique en diable, mon daron, m'initia à la musique classique et rock essentiellement. Beatles, Rolling Stones et Elton John essentiellement furent parmi les premiers artistes à retenir mon attention. Imaginez ma stupeur quand un ami se présenta un jour chez moi avec des disques d'un groupe anglais, arborant une mascotte qui a l'époque m'avait paru horrible, mais me fascinait. Il s'agissait bien sûr d'Iron Maiden, dont je devins assez vite fan, intégrant ainsi un peu de métal dans mes écoutes, qui, à l'époque, suivaient plutôt la mode du moment. Metallica, Megadeth, Iggy Pop vinrent compléter ma collection d'artistes un peu plus péchus. Arrivé en école d'ingénieurs, un voisin de palier, voyant quelques disques de métal dans ma (encore petite) discothèque, essaya de m'entraîner du "côté obscur". Bien lui en prit, rétrospectivement. À l'époque, en 1998, Angra était au top, et c'est par ce moyen qu'il réussit son coup, me faisant sombrer dans une période heavy-speed, dont je ne garde plus grand chose aujourd'hui (mis à part Edguy et les trois premiers Angra). Une fois le poisson ferré, il passa à la vitesse supérieure en me passant des disques de Dream Theater. Coup de cœur direct pour Images And Words, un peu plus de mal avec Awake, mais la sortie de Scenes From A Memory en 1999 et plusieurs petits détails contribuèrent à faire de ce groupe un de mes groupes favoris, ce qu'il est encore aujourd'hui (une vingtaine de concerts au compteur). Suivant le groupe et tous ces side-projects c'est par Transatlantic que je m'intéressai aux groupes de rock progressif : Spock's Beard, Marillion, The Flower Kings, puis les grands anciens : Yes, Genesis (je considère encore aujourd'hui la période d'or de Genesis comme un des trucs les plus géniaux qu'on ait jamais écrit en musique), Rush (mon groupe n°1), plus récemment King Crimson. Sorti de l'école, je rencontrai sur Rennes la troisième personne à l'origine de mes grands tournants musicaux. Mon troisième maître m'initia aux sonorités plus saturées du death metal et du thrash qui pousse. L'éducation ne se fit pas sans mal, mais j'ai actuellement une discothèque de métal extrême bien fournie, que j'apprécie énormément. .J'en profitai pour découvrir un des groupes français les plus novateurs : SUP. Ou j'en suis aujourd'hui ? Sans doute un mix de tout cela. J'ai succombé également aux sirènes du rock alternatif (Tool, The Mars Volta, Porcupine Tree, Dredg). Je conserve quelques bases heavy que je ne renie pas (Judas Priest, Ozzy Osbourne, Alice Cooper), et j'écoute beaucoup de métal progressif, si tant est qu'il s'éloigne de la technique pour la technique (Pain Of Salvation, par exemple). La trentaine a été également l’occasion de s’intéresser au Jazz, plutôt les classiques « hard bop », mais je ne crache pas sur une petite nouveauté à l’occasion. Je voue également un culte sans limites à Peter Gabriel et à Frank Zappa, hommes à la personnalité fascinante et musiciens expérimentateurs !

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3 Commentaires

  1. jéjé says:

    sans avoir entendu cet album, je trouve que ta chronique exprime parfaitement mon avis sur « Octavarium »: le groupe a toujours été une éponge musicale, les magazines raffolaient de leur play list à partir de laquelle les journalistes recherchaient où tel ou tel groupe avait influencé DT.
    Car AVANT ça ne sautait pas aux yeux de suite ( du moins pas à moi…): maintenant, même ma mère me dit  » ça c’est copié sur tel groupe, etc… »
    Oui ma mère est forte :)
    Ils n’ont plus besoin d’accorder des interviews pour dire de qui ou de qui ils s’inspirent, on l’entend, c’est plus de l’inspiration c’est du pompage!!
    Si tu me dis que c’est pareil sur celui ci, on a pas le cul sorti des ronces

  2. Platon says:

    « Systematic Chaos » est un album significatif, comme tous les albums de Dream Theater. Sa spécificité c’est qu’il constitue un agrégat de toutes les influences du groupe. L’album constitue la synthèse de tous les autres albums de Dream Theater, et à ce titre il est conseillé aux novices qui ne connaissent pas le groupe. On y a trouve du « Train Of Thought », de « Metropolis Part II »,  » Octavarium »,  » Six Degrees of inner turbulence »… bref c’est un chaos musical mais systématisé au sein d’un album. C’est le message, à mon sens, que veulent passer Dream Theater. C’est un album à la fois autonome (car il n’est pas dans la continuité d’aucun album de Dream Theater pris en tel que tel) mais il est aussi un album rassembleur. Il résume toute la prouesse technique, le feeling, et les influences du groupe. Certains disent qu’il ressemble à Octavarium. Je pense qu’un tel jugement est assez hâtif. « Systematic Chaos » englobe tous les albums précédents de Dream Theater et contente aussi bien les fans les plus métalleux, que les fans les plus progressif.

  3. eddy says:

    album pas mal sans plus,avec un morceau piste 5 de 10 min venant de ziltoidia (pour ce qui comprendront) voila a +

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