Bilan 2015 – jonben

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Annee de sortie: 2016

J’ai assez peu chroniqué cette année, mais j’écoute par contre toujours autant de musique et je suis toujours autant intéressé par les nouveautés, les sorties de l’année, celles des artistes que je connais déjà et éventuellement de nouvelles têtes qui auront réussi à me surprendre, ou du moins à me caresser dans le sens du poil musical. Le catalogue disponible d’albums à écouter depuis que des enregistrements de musique existent est infini, il ne suffirait pas d’une vie, mais c’est prodigieux de se dire en parallèle que l’Homme ne cesse de produire de nouvelles œuvres musicales dans un flot ininterrompu, si ce n’est exponentiel. L’évolution des styles musicaux que j’écoute est palpable année après année et c’est tout l’intérêt de suivre l’actualité.

J’essayerai de faire en sorte qu’il y ait plus de rock/metal prog, de death technique cette année 2016 sur Eklektik, ce sont mes genres de prédilection et j’ai manqué d’écrire un paquet de chroniques d’albums qui m’ont accompagné un bout de temps cette année. Ce bilan 2015 fera office de rattrapage, ceux qui apprécient ces genres musicaux auront un condensé de ce que j’ai retenu de cette année.

Je n’écoute pas non plus que du prog mais si il y a une majorité de groupes affiliés prog dans la liste, c’est que 2015 fut une belle année pour le metal prog quelle qu’en soit l’orientation.

Les meilleurs albums de 2015

eidola-degeneraterraEidolaDegeneraterra : Une découverte de cette année, c’est le deuxième album de ces américains qui pratiquent un prog teintée de post/emo-hardcore, avec un grand chanteur. Le groupe a semble-t-il beaucoup écouté de groupes emo, et du bon, on pense à Thrice/The Bled pour les moments les plus hardcore, et en parallèle développe des morceaux complexes, progressifs (Kaddisfly, Silent Drive) avec la rapidité d’exécution d’un The Fall of Troy. Circa Survive est clairement une influence mais le chanteur d’Eidola est beaucoup moins pénible, enfin il se lance quand même parfois dans des aigus emo qui en hérisseraient plus d’un. Derrière, il y a une telle précision instrumentale et des compos aux structures si complexes que l’appellation prog est justifiée d’emblée.

Beardfish-4626-Comfortzone-coverBeardfish+4626-COMFORTZONE : Beardfish, c’est du prog guilleret d’inspiration 70s juste talentueux. Je connais le groupe depuis un bail mais cet album est le premier qui me passionne vraiment, le premier sans longueurs ou mauvais gout. Ça fait plaisir de voir un groupe affiner de telle sorte sa musique au fil des albums et finir par sortir un album sortant du lot. Ce sont des suédois et on sent le coté droit, appliqué, mais pas la froideur, leur musique est devenue plus lumineuse sur cet album, une juste touche de mélancolie surnage dans un album dont l’ambiance est rafraîchissante, entre riffs hard rock bourrus et envolées pop théatrales au piano.

Periphery_-_Juggernaut_AlphaPeripheryJuggernaut :J’ai longtemps attendu ce double album de Periphery, en bon fanboy. Ce fut un gros morceau à assimiler, comme le furent leurs 2 albums précédents. Periphery est un groupe capable d’inspirer passion comme dédain, mais on ne pourra pas leur enlever leur travail appliqué et leur perfectionnisme au niveau du son. Juggernaut est un bloc de 2 heures de musique souvent excessive, parfois putassière et ouvertement tubesque, mais sachant doser mélodies accrocheuses et complexité. Leur maîtrise technique, les incursions jazz/fusion, les solos superbes, le jeu de batterie exceptionnel, les moments de bestialité mécanique que ne renierait pas Meshuggah en font pour moi un moment fort de cette année 2015. Et puis leur son est hyper massif, la production est juste dantesque.

CALIGULAS-HORSE-CD-ART-7-29-15Caligula’s HorseBloom : J’ai découvert Bloom en fin d’année et c’est rapidement devenu l’album de prog de l’année. Assez classique dans la forme, du rock/metal prog lumineux, positif, avec la juste dose de passages acoustiques et de riffs metal groovy. Et un chanteur vraiment excellent. Juste une réussite dans le genre pour ces Australiens donc c’est le 3ème album, encore un groupe qui se sera amélioré avec l’expérience.

TDOLT_CoverIntronautThe Direction of Last Things : La musique d’Intronaut n’a jamais été aussi massive et claire, et si on met ça en parallèle avec le fait que ces 7 titres sont parmi les meilleurs que le groupe ait composé, on en vient rapidement à penser que c’est peut-être leur meilleur album, en tout cas une nouvelle réussite pour ce groupe hors pair et sans aucun doute un de mes albums de l’année. Sludge, metal prog, polyrythmiques, progressions d’accords jazz, basse fretless, tout y est.

sikth-opacities-e1448124303845SikthOpacities EP : Après près de 10 ans d’interruption, cet EP reprend exactement là où il s’était arrêtés avec brio. Sikth étaient de toutes façon révolutionnaires et inimitables à l’époque, ça n’a pas changé.

goodtigerGood TigerA Head Full of Moonlight : Les gratteux de the Safety Fire reviennent sous la forme de ce nouveau projet avec Elliot Coleman au chant, au menu des compositions à la fois assez directe, rock dans l’esprit, et non conventionnelles, borderline math rock, avec un chant à double facette, soul et hurlée.

Leprous_cover2015-1024x1024LeprousThe Congregation : J’avais un peu décroché avec Coal que je trouve trop synthétique, et à vrai dire je préfère toujours Bilateral, mais Leprous sont revenus en pleine forme en 2015, et se posent clairement comme les meneurs avec Haken d’une nouvelle vague de metal prog.

Mutoid-Man - bleederMutoid ManBleeder : En fan de Cave In et Converge, je ne pouvais qu’écouter ce trio mélangeant des membres des 2 groupes. Ça donne la voix de Brodsky, la rythmique explosive de Koller, et un festivals de riffs stoner/metal qui démontent.

Coma_Ecliptic_cover_art_by_Between_the_Buried_and_MeBetween the Buried and MeComa Eclipctic : Ce nouvel album de Between the Buried and Me se déroule de façon si habile, c’est juste du grand art, le catéchisme de album de metal prog de 2015, concept, compos à rallonge, de multiples ambiances mais une cohérence sonore qui fait qu’on reconnait toujours leur patte, que ce soit sur une ritournelle au piano ou un riff endiablé. La musique du groupe ne se détourne pas du metal extreme, elle incorpore cependant de plus en plus de moments plus mélodiques, le deathcore progressif des débuts laisse place à des délires metal prog divers, comme si le prog des 70s se retrouvait surboosté avec le son metal des années 2000.

enslaved-intimesEnslavedIn Times : A chaque nouvel album du groupe depuis Isa, je me demande si Enslaved arrivera à persister dans la qualité. Allez, In Times n’est pas au niveau de la claque que fut RIITIIR il y a 3 ans mais nous propose encore un album grandiose. Plus progressif que black metal, l’album comporte 6 titres de plus de 8 minutes, In Times renoue pourtant avec la rage black, Grutle éructe sur de la double à foison, dans des élans lyriques bestiaux pour ensuite partir dans des compositions à rallonge, riffs lourds massifs, influences psychédéliques façon Pink Floyd, refrains aux intonations folk nordiques, c’est toujours le Enslaved qu’on connait.

Alkaloid-The-Malkuth-Grimoire-620x620AlkaloidThe Malkuth Grimoire : Des membres de Obscura et Dark Fortress sont à la base de ce groupe, la musique qu’ils proposent sur leur premier album est donc logiquement un death progressif lorgnant vers la noirceur du black metal, mais ce qui est plus surprenant c’est l’approche progressive et expérimentale qui donne un cachet assez unique à ce premier album.

GorodA Maze of Recycled Creeds : Gorod réussit la gageure de créer un maelstrom musical où malgré tout les mélodies ressortent de manière claire, les deux guitaristes tricotent des riffs à cent à l’heure sur tous les titres de cet album, mais arrivent pourtant à faire en sorte que chaque morceau ait sa personnalité. Mon album death de l’année, surement parce qu’on est loin du death dans sa formule classique. Les compositions sont juste réussies, les riffs ciselés avec orfèvrerie, incisifs et impeccablement placés, c’est du grand art.

wrvthWrvthWrath of Vesuvius : Enfin un groupe de post-hardcore « chaotique » qui propose quelque chose de différent. Direct, de longs passages en arpèges dissonants, la présence de saxophone sur 2 morceaux les placent un peu à part, et puis ces quelques riffs qui ne dépareillerait pas sur un album de death technique épicent une formule assez inédite et parfaitement exécutée. Du coup difficile de dire si il faudrait plutôt les affilier au screamo/hardcore, au black ambiant ou à un death technique moderne à la Ulcerate ou Fallujah, les 2 hurleurs s’arrangent d’ailleurs pour proposer des voix dans tous ces genres, c’est donc un peu de tout ça mais fusionné dans une formule finalement assez cohérente. Une formule terriblement noire de bout en bout, à cran, tendu, cathartique. Un album qui en des temps moins paisibles pour moi personnellement m’aurait hanté d’autant plus.

Pomegranate TigerBoundless : Pas facile quand un album sort courant décembre de l’intégrer au bilan annuel. Mais bon « Boundless » est direct parmi les morceaux metal prog instrumentaux les plus excellents que j’ai eu l’occasion d’écouter, et le restant de l’album est du même acabit. Pomegranate Tiger a toujours été un groupe instrumental, mais c’est désormais un seul type qui joue de tous les instruments, et sa musique d’une certaine manière s’en est trouvée recentrée. C’était pas mal avant mais ce nouvel album est clairement un cran au dessus. Groovy avec des mélodies bien trouvées.
Dans la même catégorie, l’album de Scale the Summit vaut aussi le coup.

chon-growChonGrow : Le premier album des jeunots de Chon ne déçoit, un pur bol d’air frais, du math rock prog jazzy instrumental axé sur des guitares virevoltant sur des thèmes guilleret, volage.

klone - here comes the sunKloneHere Comes the Sun : Je crois que chaque album de Klone a figuré dans mon top annuel depuis 10 ans, que dire de plus, le groupe français a le don pour ne pas me décevoir et si cet album est plus posé que les précédents, il n’en est pas pour autant plus monotone, le compos sont toujours aussi bien amené, le chant superbe, rien à redire cet album est encore une réussite.

En nouveautés hors rock/metal, j’ai pas mal écouté l’album de D’Angelo & the Vanguard, Black Messiah et sa nu soul recherchée, quand ce n’est pas assez barrée.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. pavot says:

    merci m’sieur, pour cette année 2015 dévoilée par vos oreilles bien prog.

  2. Angrom Angrom says:

    Pas mal de choses en commun dans les disques appréciés en cette année 2015 , l’énorme Gorod, le Leprous, le Klone et le Caligula’s Horse (merci pour la découverte, à ce propos)

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